A-t-on trouvé la parade aux grèves des conducteurs de trains ? Et une nouvelle progression de la robotisation des métiers ?

Le patron de la Deutsche Bahn, première compagnie ferroviaire d'Europe, dit tabler sur des trains capables de rouler de manière autonome dans le pays au plus tard en 2023.

La mise en service de trains pouvant rouler sans l'intervention de conducteurs "ne se fera pas du jour au lendemain", a indiqué Rüdiger Grube au quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung le 10 juin 2016. "Mais j'estime qu'en 2021, 2022 ou 2023, nous serons prêts pour faire circuler des trains entièrement automatisés sur une partie de notre réseau", a ajouté.

Le patron des cheminots allemands veut faire de l'entreprise publique allemande un "précurseur" en la matière alors que d'autres concurrents, notamment Français, planchent aussi sur les trains autonomes.

"La conduite autonome est, dans un système de voies ferrées complexe où roulent des trains de voyageurs lents et rapides et des trains de marchandise, plus difficile que pour un métro, mais elle est possible", a affirmé le patron de Deutsche Bahn.

La compagnie, qui a enregistré en 2015 sa première perte depuis 12 ans, mène déjà des projets pilotes de train autonome. 

En France, la SNCF, qui a engagé son passage dans l'ère numérique, est plus réservée sur cette question. "A priori, c’est faisable, sauf que le train circule en milieu ouvert dont on ne maîtrise pas les événements, une voiture qui tombe sur la voie, des personnes sur les rails etc. Il faudra donc toujours la présence d'un agent en cabine", avait estimé Guillaume Pepy en avril 2016. Un bémol qui s'explique sans doute par le souci à l'époque de ne pas agiter un chiffon rouge devant le nez des syndicats cheminots.

Reste que souvent, la DB donne le la avant que la SNCF ne se mette au diapason.

Marc Fressoz avec AFP