L’open Data, ça marche !
La coopération que nous avons mise en place depuis 2010 en matière d’ouverture des données de transport public est exemplaire : l’autorité impulse et contrôle, l’opérateur accompagne, met en musique et assure le bon fonctionnement. La démarche s’inscrit en toute logique dans l’histoire d’une agglomération qui a toujours été en pointe sur l’information voyageurs et les services aux citoyens et a fait très tôt de l’innovation une priorité. Sur l’open data, nous étions dans l’anticipation, nous avons aujourd’hui un temps d’avance et c’est bien ensemble que nous l’avons fait.
 
Une démarche : la co-innovation

Le contrat de base était simple : comment répondre à l’émergence des smartphones pour proposer en temps réel de l’information à nos usagers et clients? Notre réponse a été d’inventer de nouveaux services en utilisant les données disponibles. Nous en avons également recueilli  de nouvelles et « industrialisé» leur gestion pour les proposer à un nombre toujours plus grand de développeurs rennais et au-delà. Ces derniers sont en effet les partenaires indispensables de ce cercle que nous espérions vertueux... et qui s’est révélé l’être.
 
Car l’opendata à Rennes, ça marche ! Nous avons mis en place une plateforme commune ouverte aux acteurs externes, offrant la même qualité à tous, qui propose déjà  37 jeux de données relatives à l’activité de transport public. Et nous avons labellisé neuf applications proposées par des développeurs qui rencontrent un véritable succès puisqu’elles totalisent autant de téléchargements (70 000) que Star Metro, notre application officielle. Preuve que la démarche technologique s’est bien traduite en innovation d’usages et de services pour la ville et ses habitants.
 
Un impératif : la coopération

Le système ne s’entretient certes pas tout seul et nous impose deux obligations. La première est celle de l’investissement qu’on a souvent tendance à sous-estimer : recherche, développement, production, marketing et communication sont une chaîne dont il ne faut négliger aucun maillon. La seconde est celle de l’accompagnement, qu’on a la mauvaise habitude d’oublier. Nous nous efforçons d’être très présents auprès des développeurs, pour les aider à mieux exploiter la data que nous leur fournissons. Et le champ ne va cesser de s’élargir, notamment grâce aux données supplémentaires générées par notre nouvelle billettique mais également par les bus et trams connectés que nous lancerons prochainement.
 
Nous connaissons évidemment les peurs que suscite l’open data, les craintes des citoyens sur les risques d’intrusion dans leur vie privée et nous les prenons très au sérieux : la collectivité comme l’opérateur se doivent d’être exemplaire vis à vis de l’ensemble des réglementations et de la Cnil. Mais le nombre croissant de  données publiques que nous serons  capables de recueillir servira à mieux identifier les flux de déplacement et les comportements de mobilités et améliorer l’information du citoyen.
 
Un projet en totale cohésion

Stratégie partagée, la révolution de l’open data porte ses premiers fruits. Sans volonté commune, elle n’aurait jamais rencontré la confiance des utilisateurs, ni de nos partenaires développeurs. Et elle n’aurait jamais pu s’inscrire dans l’approche plus globale du nouveau plan de déplacement urbain, qui va déboucher sur une « régie territoriale de données » et un projet cohérent de smart city.
 
Chacun dans son rôle, mais la main dans la main, nous nous efforçons de travailler sur la base des objectifs et priorités définis par la collectivité. Nous voulons être des acteurs impliqués, connectés, réactifs et agiles. Et nous ne négligerons aucune opportunité de rendre notre collaboration encore plus exemplaire.

Jean-Jacques Bernard, maire de Thorigné-Fouillard, vice-président de Rennes Métropole aux transports et déplacements
Laurent Senigout, directeur de Keolis Rennes