Le Parlement a validé, le 20 juillet 2016, la nomination du député socialiste Bernard Roman à la présidence de l'Arafer, le gendarme du rail et de la route. Un décret était attendu en fin de semaine pour valider son entrée en fonction.

Les commissions développement durable de l'Assemblée et du Sénat ont entériné la candidature de Bernard Roman qui a été proposée par le président de la République, François Hollande.

Le député du Nord, premier questeur du Palais Bourbon depuis 2012, a en effet obtenu une forte majorité parmi ses pairs (25 voix pour, 1 contre, 3  abstentions) et a bénéficié de l'opportune bienveillance des sénateurs (12 pour, 3 abstentions, 7 votes blancs), devant lesquels il a assumé "une proximité amicale forte" avec le président de la République.

Des voix s'étaient pourtant élevées, à droite comme à gauche, pour dénoncer une manoeuvre politicienne, la nouvelle fonction de Bernard Roman libérant de fait la première circonscription du Nord pour un nouveau candidat socialiste aux prochaines législatives. Le chef de file des députés UDI, Philippe Vigier, avait dénoncé une nomination "de convenance" visant à "trouver un terrain d'atterrissage (...) pour François Lamy, député de l'Essonne qui vit à Lille" et proche de Martine Aubry. "Un remarquable coup politique", avait ironisé sur Facebook Gilles Savary, député PS, amer de voir cette "circonscription en béton rose" échoir "à des frondeurs prêts à rallier" comme François Lamy.

L'inexpérience de Bernard. Roman, 64 ans, n'est toutefois pas incompatible avec le poste, comme l'a démontré son prédécesseur Pierre Cardo, 66 ans, lui aussi ancien député et novice en la matière lorsqu'il fut intronisé premier président de l'Arafer en 2010.

Saluant devant les parlementaires la "ténacité" de Pierrre Cardo, qui a "affirmé et renforcé l'indépendance" de l'Arafer, Bernard Roman s'est engagé à la "réaffirmer sans cesse". "Je n'accepterai jamais un coup de téléphone du ministre des Transports ou du Président pour me dire : voilà ce que tu dois faire", a-t-il affirmé, après avoir décrit ainsi sa relation avec François Hollande: "Je suis un Hollandais pur jus. On se connaît depuis 35 ans, on est partis en vacances ensemble".

En gage de son autonomie, le nouveau gendarme du rail a notamment déclaré que "l'Arafer devrait faire des préconisations au gouvernement" sur la dette abyssale de la SNCF (50 milliards d'euros fin 2015), sur laquelle des arbitrages sont attendus au mois d'août. "Je pense qu'il faudra faire des propositions sur la prise en charge par l'État" des quelque 20 milliard de "dette historique" transférés à la compagnie publique au début des années 90, a-t-il précisé.  Le nouveau président de l'Arafer a par ailleurs insisté pour que le financement adéquat de la rénovation du réseau ferré figure dans le futur contrat de performance entre l'État et SNCF Réseau.

Le déraillement de "Brétigny a été un drame, mais d'autres ont été évités de justesse. Il serait irresponsable de pas y consacrer tous les moyens humains et financiers", a-t-il déclaré.

Il a en outre promis de publier "le chiffre du TRI (taux de rentabilité interne, NDLR) de chaque société concessionnaire d'autoroutes, chaque année" et de demander des moyens supplémentaires pour augmenter les effectifs de l'Arafer.

MF avec AFP