Il y a d'abord eu les mesures de ralentissement de la vitesse commerciale. De l'aveu du président de la SNCF, Guillaume Pepy lors d'une conférence donnée au Grand Orient de France en début d'année,  "15% du réseau est concerné, soit 4500 kilomètres de voies où les trains circulent à une vitesse réduite". Puis, lorsque la dégradation du réseau est trop importante, c'est la fermeture pure et simple de la ligne.

La SNCF a fourni, cet été, un exemple de cette évolution du réseau classique secondaire qui dépérit faute de moyens suffisants pour l'entretenir. Le 29 juillet 2016, la compagnie a annoncé la suspension sine die de la circulation ferroviaire entre Thiers (Puy-de-Dôme) et Montbrison (Loire), portion depuis longtemps en sursis de la ligne Clermont-Ferrand-Saint-Étienne.

En fait, il s'agit d'une fermeture qui risque de durer. Dans le meilleur des cas, cette section ne pourrait pas rouvrir avant 2019, SNCF Réseau conditionnant cette perspective à un investissement de près de 53 millions d'euros de travaux.

Mauvais état

"Les dernières tournées d'inspection des ouvrages et de la voie réalisées par SNCF Réseau confirment le diagnostic du mauvais état de l'infrastructure entre Thiers et Montbrison", relève la SNCF dans un communiqué. 

"Les circulations ferroviaires sont donc suspendues sur ce segment", ajoute-t-elle. Un service de substitution par autocar est mis en place, précise la compagnie ferroviaire.

Dans les faits, l'exploitation ferroviaire était déjà suspendue depuis le 1er juin 2016 et durant tout l'été, "pour faire face aux problèmes de dilatation des rails liés aux fortes chaleurs", a indiqué un porte-parole de SNCF Réseau.
 
Seulement un tiers des circulations sur cette portion de ligne s'effectuait via le rail, le reste étant déjà réalisé par autocar. Selon un porte-parole de SNCF Réseau, une soixantaine de passagers empruntaient quotidiennement le train entre Boën-sur-Lignon (Loire) et Montbrison et une dizaine sur la partie Boën-Thiers, plus montagneuse. 

Elu en colère

"On est écoeurés, en colère, mais pas surpris", a commenté le maire de Boën-sur-Lignon, Pierre-Jean Rochette pour qui "la ligne a été laissée de côté depuis de trop nombreuses années".

"Ils ont eu la peau de la ligne qui est pourtant symbolique, car située au cœur de la nouvelle région Auvergne-Rhône-Alpes. Quand on veut tuer son chien, on dit qu'il a la rage, estime l'élu. Nos territoires n'intéressent plus la SNCF qui n'est plus un service public."
 
"On va se battre pour que tous les bassins de vie ne soient pas impactés", promet-il.

Marc Fressoz avec AFP