C'est en tant que "représentante des parisiens et ayant la responsabilité de protéger et d'améliorer leur cadre de vie" qu'Anne Hidalgo a décidé de ne pas suivre "cet avis consultatif" rendu par la commission d'enquête publique voici quelques jours. Dans les conclusions de son rapport, la commission estime que l'étude d'impact "ne permet pas d'établir la réalité de la réduction de la pollution automobile induite" par cette fermeture.

Pour les commissaires enquêteurs, "les reports de circulation entrainés par la fermeture de la voie sur berges sur 3,3 kilomètres entre le tunnel des Tuileries et le tunnel Henri IV, affecteront de manière significative un secteur plus large que les 1er, 4e, 7e et 12e arrondissements auxquels a été limité le périmètre de l'enquête publique." Les 5e, 6e et 8e arrondissements "subiront un report de près de trois quarts des véhicules".

Un "déni de l'urgence climatique"

Pour Anne Hidalgo qui a réagi dans un communiqué, "ces motivations résonnent comme un déni complet de l'urgence climatique". Fort des résultats d'un sondage réalisé en avril 2016 par l'Ifop, qui indique que plus de 60% des parisiens sont favorables à cette piétonnisation, la maire de Paris va poursuivre un projet qui était au cœur de sa campagne des dernières municipales. Elle organisera début septembre une conférence "destinée à faire prévaloir (…) l'application intégrale de l'accord de Paris" et soumettra au Conseil de Paris du 26 septembre prochain une délibération "visant à valider définitivement" le projet.

La région Ile-de-France a immédiatement réagi en demandant à ce que la "mairie de Paris sursoie à sa décision". Dans un communiqué, l'exécutif régional explique que cette voie sur berges "est une infrastructure d'intérêt régional avec une circulation comparable à celle d'une route nationale". Sa fermeture et les reports de circulation qu'elle entraînera risquent d'être "très pénalisants en matière de pollution et d'embouteillage, particulièrement sur le Val-de-Marne et la Seine-et-Marne, dont les axes routiers sont déjà saturés."

Un impact régional

"Un tel projet ne peut se traiter sans une étroite concertation entre Paris et sa banlieue", poursuit la Région estimant que l'enquête publique doit couvrir un périmètre régional "afin que ce projet puisse être réexaminé et accompagné de mesures compensatoires (parkings aux portes de Paris, protections phoniques, solutions alternatives de transport…).

En attendant cette voie restera occupée par les équipements de l'opération Paris Plages qui a été prolongée jusqu'au 3 septembre.

Robert Viennet