Après une première vague de concentration au début de l’été qui a vu le nombre d’opérateurs nationaux passer de cinq à trois, les autocars Macron vont-il connaître un premier reflux en termes de dessertes voire de liaisons ? Si Flixbus, par exemple, a annoncé, début août 2016, qu’il dépasserait les 2 millions de passagers transportés en un peu plus d’un an d’exploitation, la start-up a dû suspendre la desserte de Guéret entre Bordeaux et Lyon.

En cause, un nombre de voyageurs insuffisant pour cet hiver, "en dessous du seuil de rentabilité, explique le directeur général de Flixbus France Pierre Gourdain à
. On constatait une chute très abrupte des réservations pour le mois de septembre. Dans ces cas là, on prend les cars pour les mettre ailleurs, là où ils seront mieux utilisés." La ville de Montluçon est également concernée.

Néanmoins, Pierre Gourdain indique que la desserte de Guéret a très bien fonctionné cet été avec au total 1 500 passagers ayant emprunté un bus au départ de la ville de 13 000 habitants depuis l’ouverture en mars 2016 voici six mois. D’autant que Flixbus était la seule compagnie d'autocar longue distance à proposer cet arrêt et qu’il n’existe pas de liaison directe en train pour se rendre à Bordeaux.

Une activité non subventionnée

Ainsi, Pierre Gourdain assure au micro de France Bleu qu’il s’engage à rouvrir la ligne au printemps prochain. "C'est une petite ville où les bus marchent très bien mais Guéret est un peu trop petite et un peu trop en dehors des grands axes de transport", souligne-t-il d’où une perte de temps pour les passagers qui se rendent dans les grandes agglomérations.

Le directeur général de Flixbus rappelle que ses activités ne sont pas subventionnées et qu’elles doivent répondre à un impératif de rentabilité. Les défenseurs du service public, et du train en particulier, n’ont pas manqué d’ironiser sur cette nouvelle. Outre des tarifs attractifs, la libéralisation l’autocar longue distance devait permettrait de désenclaver les petites villes mal desservies par le train.

Florence Guernalec


Ecouter l'interview de Pierre Gourdain sur France Bleu Creuse (52') :