"L'idée est de faire gagner du temps aux Franciliens, de leur offrir une région où il fait bon vivre, et pas une région qui enregistre entre 250 et 400 kilomètres d'embouteillages chaque jour aux heures de pointe. C'est du stress, de la pollution, une perte de temps considérable…", explique la présidente de la région Île-de-France dans une interview au . Valérie Pécresse y précise son projet de revitalisation des routes franciliennes et de réduction des embouteillages, un plan d'investissement d'un montant de 200 millions d'euros sur la mandature. Ces grandes orientations seront soumises au vote du Conseil régional du 22 septembre 2016. Le plan définitif devrait être adopté en janvier 2017.
 
"Le coût des bouchons a été évalué à 17 milliards d'euros par an en France ; sans doute la moitié de cette somme concerne-t-elle l'Île-de-France. J'ajoute que les trois quarts des déplacements franciliens se font sur les infrastructures routières, notamment en bus", souligne Valérie Pécresse. Pour résorber les bouchons, la présidente de la Région annonce plusieurs mesures pour s'attaquer aux points noirs.
 
Des projets déjà identifiés
 
Six projets prioritaires ont ainsi été identifiés :
- la création d'une voie rapide Meaux-Roissy (77) ;
- la poursuite de l'avenue du Parisis, entre Sarcelles et Gonesse (95) ;
- la construction d'un pont sur la Seine à Melun (77) ;
- la construction d'un autre franchissement du fleuve dans l'Essonne, du côté de Vigneux (91), pour rejoindre Orly ;
- le doublement de la RD30, entre Plaisir et Élancourt (78) ;
- le traitement du pont de Villeneuve-Saint-Georges (94)

Valérie Pécresse indique que "d'autres projets suivront après concertation avec les départements". Surtout, celle-ci indique qu'elle souhaite concentrer ses "efforts sur un véritable réseau routier d'intérêt régional" qui irait des autoroutes aux voies sur berges à Paris en passant par certaines départementales et le périphérique, sachant que la Ville de Paris s'y oppose... "Cela nous permettra d'investir de manière cohérente et efficace", souligne-t-elle.
 
Autre projet, l'aménagement des bandes d'arrêt d'urgence, "soit pour y faire rouler des transports en commun ultrarapides, soit pour y créer une nouvelle voie de circulation temporaire permettant d'écouler le trafic quand les voitures sont engluées dans les bouchons". Valérie Précresse vise, en priorité, l'autoroute A3 (un tronçon de 2,3 kilomètres juste avant d'arriver sur Paris) et l'A12 (3,5 km entre Saint-Cyr-l'École et Bailly). Elle annonce que les travaux – 9,7 millions d'euros – seront terminés en 2017.
 
Des dispositifs pour fluidifier le trafic
 
Valérie Pécresse souhaite également expérimenter les files dédiées au covoiturage (voitures transportant au moins trois personnes), aux bus et aux taxis. Un dispositif qui, selon elle, marche aux États-Unis : "le taux de fraude y est faible. Mais il faudra prévoir des amendes dissuasives et un système de contrôle complètement nouveau – en plus de la reconnaissance automatique des plaques d'immatriculation – pour lutter contre les resquilleurs".
 
La présidente de la région Île-de-France projette aussi de mettre en place une gestion dynamique des limitations de vitesse en fonction du trafic afin "d'éviter les effets d'accordéon et de conserver une circulation fluide et moins polluante". Celle-ci prend l'exemple de l'autoroute A13 dans le sens province-Paris en réduisant la vitesse de 130 à 70 km/h aux heures de pointe. Cela suppose de développer parallèlement l'information routière.

Un projet d'écotaxe à la place d'un péage urbain

Valérie Pécresse indique que le Stif travaille actuellement sur un calculateur multimodal prédictif qui doit être lancé en 2017. L'objectif ? Guider en temps réel les automobilistes en cas d'embouteillage et en particulier les diriger vers des parkings relais à proximité de gares RER, mais aussi leur indiquer le meilleur horaire de départ. Un investissement de 5 millions d'euros.
 
La présidente de Région souhaite également expérimenter les dernières innovations comme les navettes autonomes – la création d'une ligne entre les Gares de Lyon et d'Austerlitz est à l'étude – les routes solaires et thermiques.
 
Enfin, celle-ci se dit opposée à la création d'un péage urbain aux portes de Paris, mais réitère sa proposition de campagne de créer une écotaxe pour les poids lourds en transit aux portes de l'Île-de-France.

Florence Guernalec