Le texte, qui sera discuté en séance le 27 septembre 2016, vise à ratifier l'ordonnance confiant à une filiale commune de la SNCF et d'Aéroports de Paris le soin de mener à bien ce chantier estimé à 1,4 milliard d'euros.
 
Contrairement à d'autres aéroports internationaux, l'aéroport Paris-Charles-de-Gaulle ne bénéficie pas actuellement d'une desserte dédiée, obligeant les passagers aériens à emprunter la route (les autoroutes A1 et A3, qui sont déjà parmi les axes les plus chargés d'Île-de-France) ou le RER B (entre 30 et 50 minutes jusqu'à la gare du Nord), déjà saturé par les trajets domicile-travail.
  
Le secrétaire d'État aux Transports, Alain Vidalies, a rappelé que le CDG Express – 32 kilomètres de long, dont 8 kilomètres de voies nouvelles – constituait aussi "un atout" de la candidature de Paris pour l'accueil des jeux Olympiques de 2024.
 
Si les députés ont tous soutenu l'intérêt du projet, plusieurs se sont inquiétés des conséquences du financement du projet sur l'endettement déjà très élevé de la SNCF et alors que M. Vidalies a confirmé qu'il n'y aurait aucune "subvention publique".

Déroger à la règle d'or

SNCF Réseau investira "autour de 250 millions d'euros" dans la future liaison ferroviaire, mais le gouvernement souhaite que cette somme échappe à la "règle d'or" censée plafonner la dette abyssale de l'entreprise, a indiqué, le 20 septembre, le secrétaire d'Etat aux Transports, Alain Vidalies devant la commission développement durable de l'Assemblée nationale, car "il s'agit d'un projet tout à fait spécifique".

Un projet d'arrêté en ce sens a été soumis au Conseil d'État et "s'il s'avérait qu'on nous indique que c'est de nature législative, le gouvernement le soumettra par voie d'amendement dans la discussion la semaine prochaine",  a-t-il ajouté. Anticipant la décision du Conseil d'État, le secrétaire d'État aux Transports a affirmé que "dès lors que la règle d'or résulte d'un vote du Parlement, c'est bien le Parlement lui-même qui a seule compétence pour éventuellement y déroger".
 
"Cette piste reste à l'étude et n'a pas fait l'objet de décision définitive à ce jour, sachant qu'elle devra être autorisée par la Commission européenne", a assuré M. Vidalies, signalant qu'un financement par l'Europe "dans le cadre du plan Juncker a été par ailleurs sollicité".

Un financement qui divise
  
"C'est un financement choquant quand on connaît l'endettement du secteur ferroviaire", a déploré l'UDI Bertrand Pancher, qui aurait préféré que l'État et les collectivités locales financent le projet. L'orateur PS, Gilles Savary, a plaidé pour une contribution plus importante de la part d'ADP.
  
Comme financement complémentaire, M. Vidalies a confirmé que le gouvernement étudiait la mise en place d'une taxe d'un euro sur les billets d'avions des passagers à Roissy (sauf ceux en correspondance), en dépit des protestations des compagnies aériennes. "Nous avons besoin de cette recette supplémentaire à ce stade", a-t-il plaidé, soulignant que les seules recettes d'exploitation (avec un billet prévu à 24 euros) ne suffiraient pas à rentabiliser le projet.
  
Le PDG du groupe ADP, Augustin de Romanet, avait justifié cette taxe en soulignant que "le financement de cette opération va nécessiter plus de un milliard d'emprunt pendant six ans de travaux, pendant lesquels nous n'aurons aucune recette".
  
M. Vidalies a également assuré aux députés que ce "projet spécifique" ne se ferait pas au détriment du "train du quotidien", comme le craignent des associations d'usagers du RER B.

AFP