Se  grouper entre occidentaux pour contrer l'épouvantail chinois du ferroviaire ou bien faire alliance avec lui quitte à lui ouvrir la voie en Europe ? Le groupe Thales a tranché ce dilemme en osant la seconde solution.

Sa filiale spécialisée dans la signalisation et les communications ferroviaires a signé un protocole d'accord avec le chinois CRRC, premier constructeur mondial de trains, pour notamment "se positionner sur les grands appels d'offres", a expliqué jeudi 22 septembre 2016 l'AFP le directeur général adjoint en charge de la stratégie de Thales Ground Transportation System.

"La teneur de l'accord est de renforcer nos liens pour apporter une valeur ajoutée maximum aux clients et bien se positionner sur les grands appels d'offres internationaux", a déclaré Christian Grégoire.

Le groupe français avait déjà collaboré avec China CNR (fusionnée en 2015 avec sa compatriote CSR pour donner naissance à CRRC) "en particulier dans des projets exports" et pour "un certain nombre de lignes de métro".

Le protocole d'accord, officialisé cette semaine à l'occasion du salon InnoTrans à Berlin, prévoit "la recherche systématique, par des consultations réciproques périodiques, des projets qu'on peut être en mesure de réaliser ensemble, soit en Chine, soit à l'export", a-t-il précisé.

Cette alliance avec CRRC, qui détient plus de la moitié du marché mondial de la construction ferroviaire, "a un gros intérêt pour nous", d'autant que le mastodonte chinois "a une empreinte internationale qui devient impressionnante", avec des marchés emblématiques comme les métros de Boston, Chicago et Melbourne.

Un cheval de Troie pour CRRC en Europe ?

"On a déjà identifié un certain nombre de projets pour lesquels on pourra aller se battre ensemble", affirme Christian Grégoire, évoquant le Moyen-Orient, l'Afrique et l'Asie du Sud-Est, ajoutant que Thales "ne s'interdisait absolument pas de travailler en Europe avec eux".

Toutefois, ce protocole d'accord "est non-exclusif" et "ne ferme pas la porte à d'autres combinaisons", avec Alstom ou Bombardier par exemple.

Le rapprochement avec CRRC porte par ailleurs sur les "systèmes embarqués" développés par Thales, qui souhaite "avoir la capacité d'intégrer ces éléments dans le matériel roulant" de son partenaire chinois.

"On discute aussi assez fortement du renforcement des liens entre CRRC et notre filiale Thales Saic Transportation", coentreprise avec Shangai Electric spécialisée dans la signalisation des réseaux de métro.

Seule certitude, l'idée d'un rapprochement entre les activités signalisation et contrôle commande d'Alstom et celles de Thales a vécu. Elle était pourtant étudiée de façon récurrente au sein de l'État.

MF avec AFP