Le renouveau du réseau Azalys est directement lié à l’extension du périmètre de transport urbain de la Communauté d’agglomération Agglopolys-Blois. En 2012, celui-ci est passé de 26 à 48 communes. Un territoire étendu sur 732 km², constitué majoritairement de villes de moins de 1000 habitants.

Avec 108 000 habitants, cette collectivité figure parmi celles qui ont une très faible densité de population. "Avec l’extension du PTU, il a fallu mettre en œuvre une offre de transport public la plus complète possible et qui s’adresse vraiment à tout le monde", rappelle Jean Gasiglia, conseiller délégué en charge de la mobilité au sein d’Agglopolys.

Cette décision a été prise à l’occasion du renouvellement de la délégation de service public. Le nouveau contrat d’une durée de 8 ans a pris effet en 2013 et a été attribué à Keolis. Il représente un chiffre d’affaires annuel de 8,73 millions d'euros.
 
Des bus devant chez soi
 
L’opérateur de transport a donc dû déployer les nouveaux principes d’organisation reposant sur une hiérarchisation de l’offre. A savoir : 6 lignes structurantes, 8 lignes de maillage et 23 lignes secondaires. Les lignes régulières cadencées sont déployées sur Blois et les cinq communes de la première couronne, tandis que les 43 autres sont desservies par du transport à la demande (TAD).

"Nous allons chercher les clients devant leur domicile pour les déposer dans l’un des seize points définis dans l’agglomération". Il s’agit des principaux pôles généraux de déplacement : l’hôpital, la gare, les polycliniques, les zones commerciales et de loisirs… "Au regard de la configuration géographique de notre territoire, il aurait été difficile d’imposer aux gens de se rendre à des arrêts de lignes régulières pour prendre un bus."

Ce service est opéré par une dizaine de minibus et ne fonctionne que sur réservation. Accessible avec la tarification urbaine, les déplacements doivent être réservés avant midi pour voyager l’après-midi et avant 17h00 pour le lendemain. En 2015, Le TAD a été utilisé par 613 personnes qui ont réalisé 15 491 voyages. Une fréquentation en hausse de plus de 25% en un an. "Il a fallu deux ans pour que les habitants s’approprient ce mode de déplacement", constate l’élu.
 
171 vélos électriques
 
Si les tarifs n’ont pas évolué lors de la mise en place de ces nouveaux services, les élus ont malgré tout souhaité instituer en 2013 une tarification solidaire basée sur le quotient familial. Le titre unitaire a néanmoins été augmenté l’année suivante de 10 centimes d’euros pour "essentiellement faire face à l’augmentation de la TVA".

Cette restructuration s’est accompagnée de la création d’un service de transport pour les personnes à mobilité réduite et d’une navette gratuite desservant le cœur de Blois. Les élus ont également souhaité proposer une offre de location de vélos en courte et longue durée. "Il existait une offre de ce type que nous avons adapté à notre territoire vallonné en achetant des vélos à assistance électrique." 

Aujourd’hui, l’agglomération en possède 171 qu’il est possible de louer à la semaine, au mois ou à l’année. "Devant le succès pharamineux de ce service – voici deux ans, il y avait 100 personnes sur liste d’attente – nous ne cessons d’accroître la parc chaque année." 

En 2015, le réseau Azalys a franchi un nouveau cap avec le déploiement d’un système billettique sans qui s’est accompagné d’un service d’information en temps réel. "La billettique contribue à la simplicité d’usage et par conséquent à l’attractivité du transport public, affirme Jean Casiglia. Sans compter la fenêtre intermodale qu’elle ouvre, tant avec la SNCF qu’avec les autres réseaux de transport collectif."
 
Post-paiement depuis 1 an
 
Ce saut technologique a permis d’instaurer, le 1er septembre 2015, le post-paiement.  Les personnes qui optent pour ce service bénéficient d’un tarif préférentiel puisque le titre unitaire leur revient à 1,02 euro, contre 1,20. A ce jour, 353 clients se déplacent avec le Pass Liberté, ce qui représente 11 416 voyages. 

"Tout cela a créé une dynamique saine et explique les bons résultats de fréquentation que nous enregistrons depuis trois ans." En 2015, le trafic s’est élevé à 6,6 millions de voyages, soit 3,26% de plus qu’en 2014 et + 25% par rapport à 2012. "En dix ans, la clientèle a doublé."

De son côté, l’offre de transport a progressé de 60% : elle était de 1,63 million de kilomètres en 2005 et se situe aujourd’hui à 2,62 millions aujourd’hui. "Nous avons encore des marges de progression comme l’amélioration de la régularité et de l’information", reconnaît le conseiller communautaire.

L’agglomération est actuellement en train de tester des systèmes donnant aux bus la priorité aux carrefours. L’objectif : améliorer la vitesse commerciale des bus. "Nous étudions également la possibilité d’acheter des bus électriques pour les navettes de centre-ville."
 
Christine Cabiron