Valence Romans Déplacements (VRD), le syndicat de transport de l’agglomération de Valence-Romans-sud-Rhône-Alpes, ne veut pas mettre tous ces œufs dans le même panier. Du moins en matière énergétique. C’est pourquoi VRD qui pilote le réseau Citéa, teste depuis une semaine trois nouveaux bus disposant de nouvelles motorisations.
 
Pour mener à bien cette expérimentation, Heuliez a mis à la disposition de cette autorité organisatrice deux bus : le premier dispose d’une motorisation hybride associant le diesel et l’électricité ; le second est un bus standard 100% électrique. Ces véhicules seront testés sur une durée allant de quinze jours à trois semaines.
 
Une préférence pour le Biogaz
 
Le troisième véhicule, un bus au gaz a été acheté à Iveco bus. "Cette acquisition s’inscrit dans le cadre du renouvellement de notre flotte roulant avec cette énergie", précise Julien Michelon, directeur de VRD.
 
En effet, sur les 200 bus circulant dans cette agglomération de 250 000 habitants, 22 fonctionnent au gaz naturel. Seule différence pour la dernière acquisition : ce bus sera alimenté en biométhane. "Nous avons acheté les certificats d’énergie permettant d’injecter ce carburant dans le réseau de distribution du gaz car il n’y a pas d’usine de méthanisation sur notre territoire".
 
Le renouvellement de cette partie de la flotte débutera en 2017 avec la livraison des dix premiers véhicules. Les 12 autres s’échelonneront les deux années suivantes. "Aujourd’hui, nous avons pré-opté pour cette motorisation car nous sommes déjà propriétaires d’une station de distribution et de compression. Ce qui rend le modèle économique du GNV très favorable du fait de l’amortissement de ces infrastructures fixes."
 
L’hybride sur une pente descendante ?
 
Les consommations et les rejets d’émissions polluantes des ces trois véhicules seront passés à la loupe pendant la durée de cette expérimentation. Ce sera également le cas pour les coûts d’investissement requis pour "basculer" du diesel vers des "motorisations propres". Car c’est bien l’objectif de VRD.
 
"D’ores et déjà, si le modèle économique de l’électrique paraît séduisant, il n’est pas très réaliste pour une agglo comme la nôtre en ce sens où ces véhicules coûtent un peu plus de deux fois et demi plus cher que des bus aux gaz", affirme Julien Michelon.
 
L’hybride ne semble pas non plus être une technologie sur laquelle VRD souhaite capitaliser. "Nous allons l’expérimenter, bien évidemment, mais il semble que cette motorisation soit sur une pente descendante. Nous pressentons que l’électrique va prendre le pas sur l’hybride". VRD envisage également de tester un bus à hydrogène.
 
"Ces expérimentations s’inscrivent plus largement dans le cadre du plan de déplacement urbain où les transports collectifs sont un des axes forts de la politique de transition énergétique".
 
Hausse du trafic de 5% par an
 
Pour accroître leur attractivité, le réseau Citéa a été restructuré en 2012. Depuis, la fréquentation n’a cessé de croître. "Nous sommes sur une tendance de +5% par an en moyenne".
 
En 2015, le trafic s’est élevé à 11,5 millions de voyages. "Un chiffre record ! Nous n’hésitons plus désormais – et c’est clairement assumé – à supprimer des services peu, voire pas utilisés, pour réinjecter cette offre sur les lignes structurantes".
 
Avec plus de 28 lignes, Citéa dessert les 64 communes de cette agglomération, dont Valence et Romans sur Isère constituent les deux grands pôles urbains. Deux villes distantes d’une vingtaine de kilomètres entre lesquelles a été implantée la gare TGV et la zone d’activités de Rovaltain.
 
Depuis 2014, ce secteur est desservi en transport public par 11 cars à haut niveau de service, les [email protected]. Cette montée en gamme a entraîné sur cet axe une hausse de la fréquentation. En un an, le nombre de voyageurs mensuel est passé de 45 000 à 55 000.
 
Baisse des tarifs annoncée
 
Ce réseau urbain est opéré depuis 2012 par le groupe Transdev dont le contrat de délégation de service public arrivera à échéance en 2018. Dans ce cadre-là, les élus souhaitent baisser les tarifs. "A ce jour, la baisse n’a pas été quantifiée. Ce sera l’un des paramètres à négocier dans le cadre du renouvellement du contrat", précise le directeur de VRD.
 
Actuellement, le titre unitaire est commercialisé 1,20 euro. Il faut compter 33 euros pour un abonnement mensuel et 330 euros pour un abonnement annuel tout public.
 
L’idée de VRD est de cibler la baisse sur un ou plusieurs segments de la clientèle comme les salariés et les seniors. "Nous pensons que baisser légèrement les tarifs, moduler notre gamme tarifaire, nous permettrait de conquérir de nouvelles parts de marché sans trop grever notre taux de couverture des dépenses par les recettes", explique Julien Michelon.
 
Dans cette agglomération, la contribution générale de l’usager au service public des transports est d’environ 20%. Au niveau national, il est en moyenne de 30%.
 
Christine Cabiron