"Le train est pertinent pour répondre aux besoins des usagers d'aujourd'hui et de demain" affirme la Fnaut en préambule de son .

Pour un engagement financier de l'État
 
Parmi ses nombreuses propositions, la Fnaut place, "en première priorité", la régénération du réseau et réclame un investissement supplémentaire de 1,5 milliard d'euros par an. Pour ne pas accroître la dette de SNCF Réseau, la fédération d'usagers considère que l'État doit, en particulier, financer le réseau TGV et les lignes majeures Intercités comme les nouvelles LGV telle que le Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest (GPSO). Parallèlement, la Fnaut demande également un effort plus important pour la modernisation du matériel roulant avec un doublement de l'investissement prévu pour les trains Intercités, soit 1,5 milliard d'euros de plus.
 
La Fnaut appelle la SNCF à réduire ses coûts et à améliorer sa productivité. "Le taux actuel de l'inflation ferroviaire est insupportable, souligne le manifeste. L’opérateur historique doit impérativement identifier puis réduire ses coûts. Les comparaisons avec les réseaux étrangers mettent en évidence, en moyenne, un écart de coûts de 20 %."

Pour une mutation culturelle de la SNCF et des cheminots
 
Ainsi, la Fnaut suggère la négociation d’un accord emploi-compétitivité pour les secteurs ouverts à la concurrence, fret et relations voyageurs internationales, à l'image de ce qui existe dans le secteur automobile. Elle demande notamment que la SNCF utilise la révolution numérique pour engager "la mutation culturelle des cheminots" dans les méthodes de production (objets connectés, maintenance programmée, automatismes…).
 
Cette mutation culturelle passe aussi, selon la Fnaut, par une lutte contre un centralisme excessif et une rigidité sociale : "Libérer les initiatives pour exploiter au meilleur coût, c’est décentraliser les responsabilités, le management régional et territorial. C’est accepter des contrats d’objectifs régionaux qui engagent via des systèmes d’intéressement individuels et collectifs."
 
Elle suggère également la négociation, dans le cas des conventions signées sans mise en concurrence de la SNCF, de contrats de performance avec les autorités organisatrices régionales et nationales qui déterminent des engagements de gains de productivité. Elle rappelle que le nombre de trains-kilomètres par agent est inférieur de 25% en France par rapport à l’Allemagne.

Pour une ouverture à la "concurrence équitable et régulée"
 
Pour sauver la mobilité ferroviaire, la Fnaut prône également "une concurrence équitable et régulée" à tous les niveaux : opérateurs, entreprises de maintenance des voies, constructeurs. Cette concurrence, "gage d’amélioration de la qualité et d’engagement de la SNCF" selon elle,  pourrait prendre la forme d'une délégation de service public (DSP) pour les TER voire aux risques et périls des exploitants pour les Intercités et trains de nuit.
 
Mais, la Fnaut est également attentive à ce que la concurrence entre les modes soit aussi "équitable et régulée". Ainsi, la Fédération d'usagers demande à l’État d'imposer aux modes concurrents une prise en compte des externalités telles que l’accidentologie, les émissions de polluants chimiques et de gaz à effet de serre, la congestion. La Fnaut est, ainsi, favorable à la mise en place d'une fiscalité écologique (écotaxe ou autre).

Pour une meilleure écoute des demandes des usagers
 
Enfin, la Fnaut demande que les besoins des usagers soient davantage pris en compte dans l'offre ferroviaire. "Des études marketing plus nombreuses, des analyses fines de la clientèle et de ses besoins devraient permettre de mieux prendre en compte les évolutions sociétales, les évolutions de marché, les services aux voyageurs à développer", note le manifeste.
 
La qualité de service passe, selon elle, par une amélioration de l'intermodalité avec un travail plus efficace sur les correspondances, un cadencement, l'unicité billettique, une information voyageur facilitée, l'achat de titres de transport sur tous les canaux (internet, bornes, guichet, contrôleurs).
 
La Fédération d'usagers considère enfin que la représentation des voyageurs est insuffisante au sein des conseils d’administration des EPIC ferroviaires. Elle demande à être représentée à l’EPIC de tête et à l’EPIC Réseau.

Un manifeste qui cible les candidats à l'Élysée
 
Les propositions contenues dans ce manifeste ont désormais vocation a être confrontées aux parties prenantes : l'État, la direction et les organisations syndicales de la SNCF, et les collectivités locales. Ses propositions ont été présentées lors de son colloque sur l'avenir du transport ferroviaire Rail 2020 organisé le 28 septembre à l'Assemblée nationale. Cet événement sera suivi de cinq petits déjeuners-débats thématiques pour formuler et affiner les propositions entre novembre 2016 et mars 2017. Enfin, au printemps 2017, les candidats à l’élection présidentielle seront interrogés sur la base du document Rail 2020 ainsi élaboré.

Florence Guernalec