C’est un nouveau pari que prend B.E.Green en commandant au Chinois BYD trois autocars (des C9) 100% électrique. Un achat dont la remise symbolique des clefs a eu lieu à Lyon, lors du salon Autocars Expo.
 
"Avec ces C9 nous souhaitons servir le marché francilien, en particulier parisien, où il y a une grande volonté politique en matière de véhicules propres, voire très propres. Il nous manquait pour cela les outils", explique Patrick Mignucci, fondateur-gérant de B.E.Green.

Cette filiale des Autocars Dominique est spécialisée dans la location multimarques en courte et longue durée de véhicules de transport en commun électriques.
 
Des cars de 51 et 59 places
 
Le contrat passé avec BYD porte sur l’achat de deux autocars de 59 places et d’un troisième en version 51 places dont la livraison est prévue entre janvier et mars 2017. Une opération chiffrée à 1,320 million d’€uros (HT).
 
L’autonomie de ces véhicules (entre 200 et 250 km), est jugée suffisante par le dirigeant. "Les activités de transport scolaire en excursion journalière, le transport touristique ou  évènementiel nécessitent rarement une autonomie supérieure à 150 km/jour".
 
Autre caractéristique technique des C9 : la durée des batteries, estimée par le constructeur à 8 ans et garantie contractuellement. Soit l’équivalent de 384 000 km selon les calculs de Patrick Mignucci.
 
"Cela ne me choque pas. Les packs batterie des bus et minibus que nous opérons ont tenu quatre ans sans aucune perte d’autonomie. Ensuite, ils ont été réaffectés à d’autres marchés où les distances à parcourir sont moindres. La batterie a plusieurs vies", affirme le dirigeant.
 
« Montreur d’ours »
 
En se lançant dans le car 100% électrique, Patrick Mignucci souhaite poursuivre son rôle « de montreur d’ours ». Explications : "en croyant à l’électrique, nous avons contribué à débloquer pas mal de complexes et levé un certain nombre d’interrogations sur cette motorisation".
 
Notamment en matière d’exploitation et d’entretien. "La technologie est au point et il y a moins de problème de maintenance que pour moteur thermique", affirme le transporteur. Seul impératif : faire monter en compétence les mécaniciens et former les conducteurs.
 
A ce titre, Be Green envisage d’ouvrir au cours du 1er trimestre 2017 un centre de formation. "Tous les fondamentaux sont à revisiter car on ne conduit pas de la même manière un bus thermique et un bus électrique".
 
L’antichambre de l’hydrogène ?
 
B.E. Grenn s’est lancé dans l’aventure du tout électrique en 2009. Cette entreprise compte aujourd’hui un parc de 32 véhicules dotés de cette motorisation.  
 
Son principal client : les autocars Dominique. Parallèlement, BE Green loue en France des véhicules destinés au transport de personnels et aux transports saisonniers. "De nombreuses collectivités nous sollicitent de plus en plus afin de valider le choix du transport électrique sur leur territoire et tester cette motorisation sur leur réseau".
 
A Paris, l’entreprise a décroché le marché pour opérer la "Traverse" dans le 15ème arrondissement entre Brancion et Commerce. Un axe sur lequel elle a déployé six bus de 22 places.
 
L’entreprise s’apprête à franchir un nouveau pas : celui du bus à hydrogène. "Lors du dernier salon européen de la mobilité, nous avons signé avec Air Liquid la précommande pour deux bus de ce type. Si tout se déroule normalement au niveau des homologations, ils seront livrés en juin 2017. Ce qui nous permettra de vérifier que l’électrique est bien l’antichambre de l’hydrogène".

En 2016, le chiffre d’affaires de BE Green devrait dépasser les 2 millions d’euros. A titre comparatif, celui de 2010 était de 60 000€.
 
Christine Cabiron