La fraude au stationnement de surface à Paris représente un manque à gagner de 300 millions d'euros par an, soit "l'équivalent du coût annuel de fonctionnement de toutes les crèches parisiennes", explique la maire de Paris dans au Journal du dimanche du 23 octobre 2016.
 
S'appuyant sur les exemples réussis à l'étranger et notamment à Madrid, Anne Hidalgo a décidé de "changer complètement la donne". Pour y parvenir, l'élue va s'appuyer sur la loi Maptam de 2014 qui donne aux collectivités la maîtrise de leur politique de stationnement de surface à partir du 1er janvier 2018, et le projet de loi réformant le statut de Paris (examiné au mois de novembre 2016 au Parlement) qui prévoit le transfert de compétences en matière de circulation et de stationnement à la Ville.
 
Ainsi, la maire de Paris a décidé de déléguer le stationnement payant rotatif et le traitement des recours de premier niveau à des prestataires extérieurs spécialisés dans cette activité. L'appel d'offres sera divisé en trois lots géographiques représentant chacune environ un tiers des 140.000 places payantes dans la capitale. Anne Hidalgo précise, dans cette interview, qu'un "même gestionnaire ne pourra remporter plus de deux lots" afin d'éviter toute situation de monopole.
 
Des outils modernes pour lutter contre la fraude
 
Sans surprise, ces prestataires extérieurs auront pour mission première de faire progresser le taux de paiement du stationnement, ce qui permettra au passage d'améliorer la rotation des véhicules et de réduire le nombre de "voitures ventouses". Comment ? En modernisant "les pratiques de contrôle, en utilisant notamment des moyens numériques et automatisés, par exemple pour la lecture des plaques d'immatriculation".
 
Que deviendront les 1600 agents de surveillance de Paris (ASP) ? Libérés du contrôle du stationnement payant, les ASP seront affectés aux missions prioritaires : lutte contre les incivilités, contre la pollution, surveillance des bâtiments municipaux, contrôle des politiques de déplacement (couloirs de bus, opérations Paris respire) et stationnement gênant.
 
Anne Hidalgo annonce que le conseil de Paris se prononcera sur les principes de cette réforme dès la mi-novembre. La procédure d'appel d'offres doit aboutir au second semestre 2017 pour une entrée en vigueur au 1er janvier 2018.
 
Florence Guernalec