C'est l'ultime épisode de la calamiteuse aventure du tramway sur pneus (TVR) que Caen avait mis en service en 2002 et qui n'a jamais fonctionné de manière satisfaisante. Pour financer, construire et exploiter cette ligne, l'agglomération caennaise avait signé en 1994 une concession de travaux publics d'une durée de 30 ans à compter de la mise en service, avec la société STVR.

Mais dès le début de son exploitation, ce tramway sur pneus, conçu par Bombardier, accumule les déboires et les défaillances techniques. Son coût de maintenance est beaucoup plus important que prévu et les incidents les plus divers se multiplient avec des déguidages réguliers allant même jusqu'à la perte de son moteur sur la chaussée.

Dès 2010, soit huit ans à peine après sa mise en service, un rapport du Conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD) préconise la fin anticipée de ce mode de transport et son remplacement. Problème, la rupture du contrat de concession risque de coûter très cher à Caen. Le rapport du CGEDD évalue à l'époque à 70 millions d'euros d'indemnisation pour les membres du consortium STVR : Bombardier et Colas Rail.

Finalement, aux termes de l'accord qu'ils viennent de signer, Caen la Mer et STVR mettront fin le 31 décembre 2017 au contrat de concession qui les lie. Une rupture qui coûtera 17,3 millions d'euros d'indemnisation à l'agglomération. Une somme à laquelle s'ajoute 12,3 millions d'euros au titre du remboursement de l'emprunt lié au TVR "tel que prévu initialement au contrat", précise un communiqué de Caen la Mer.

Le 31 décembre 2017, STVR sera donc dissoute et l'agglomération deviendra propriétaire de l'infrastructure et notamment de la ligne aérienne de et des sous-stations électriques qui seront réutilisés par le tramway fer qui roulera à Caen en 2019.
 
Robert Viennet