Les chauffeurs "se sentant spoliés par les applis" sont appelés à "se mobiliser"  le 15 décembre 2016, via une "déconnexion de masse" et "un rassemblement historique" à Paris, écrit sur son compte l'association Capa-VTC, co-organisatrice de l'événement avec l'association des VTC de France, le SCP/VTC et Actif-VTC.

Un défilé est prévu entre la porte Maillot à Paris et le siège d'Uber France dans le 19e arrondissement, a appris l'AFP auprès des organisateurs. La plate-forme de réservation de VTC a annoncé une augmentation de ses tarifs de 10 à 15% en France, pour "améliorer la condition des chauffeurs" travaillant avec elle.
 
Mais dans le même temps, la start-up annonce une hausse de la commission prélevée sur les prix des courses (de 20 à 25%). De plus, en octobre 2015, Uber avait décidé de baisser unilatéralement ses tarifs de 20% à Paris. Ainsi, La fédération CFDT des transports a relevé que la prochaine hausse tarifaire "ne comble pas les pertes engendrées depuis octobre 2015" et "ne garantit toujours pas un salaire décent au regard du volume d'heures travaillées".
 
Des chauffeurs en colère

"Ce coup d'annonce ne nous intéresse pas", a réagi auprès de l'AFP Sayah Baaroun, secrétaire général du SCP/VTC (affilié à l'Unsa). Avec la nouvelle tarification, "sur chaque course on gagne 50, 60, 90 centimes" en fonction des trajets, "mais par contre Uber se gave" sur la commission, résume-t-il. Selon lui, la décision d'Uber s'inscrit surtout en réaction au mouvement de protestation prévu le 15 décembre contre le groupe américain.
 
Les dirigeants d'Uber "essayent de faire un effet d'annonce" parce qu'ils ont perdu sur le terrain politique, mais "c'est de la fumisterie", a commenté auprès de l'AFP Jean-Claude Resnier, président de VTC de France.
"Tant qu'ils n'auront pas une tarification supérieure à celle du taxi, qu'ils ne baisseront pas leur marge de façon à pouvoir faire travailler des partenaires ou des salariés correctement et dans la légalité, en payant leurs charges, leur TVA et leurs impôts sur le territoire français, je serai contre", a-t-il lancé.
 
Les concurrents d'Uber satisfaits

Bertrand Altmayer, co-fondateur de la plateforme de VTC française Marcel, a salué la remontée des tarifs d'Uber, alors qu'il avait refusé de s'aligner sur ceux-ci il y a un an. "On va enfin être à armes égales et arrêter ce dumping artificiel, pour nous c'est une très belle opportunité", a-t-il expliqué à l'AFP.

Même avis chez son concurrent Yanis Kiansky, PDG d'Allocab. "Si on veut avoir un client bien servi, il faut avant tout lui envoyer un chauffeur content de travailler, c'est-à-dire qui gagne bien sa vie", a-t-il déclaré à l'AFP. "C'est une victoire pour les chauffeurs (...) Uber s'aligne sur les tarifs des acteurs français parce qu'ils ont besoin de rehausser leur qualité de service", a-t-il estimé.
 
Florence Guernalec (d'après AFP)

L'affiche de l'appel à la mobilisation des chauffeurs de VTC :