A l'issue de la rencontre organisée par le médiateur désigné par le gouvernement Jacques Rapoport, la CFDT a mis en avant les "analyses différenciées" des deux camps, qui ont néanmoins permis d'aboutir à un "constat incontestable" sur la difficulté des chauffeurs à gagner leur vie, "une vraie révolution" pour le syndicat.

"L'ensemble du secteur a acté qu'un travailleur VTC qui fait 40 heures par semaine ne peut pas gagner sa vie et que, quand il fait 60 heures, il touche un petit peu plus que le Smic", a résumé Fabian Tosolini, porte-parole de la CFDT-Transport.

Interrogé par l'AFP, le patron de la plate-forme Marcel a tempéré cette analyse. "Le constat de la réunion, c'est qu'un chauffeur doit travailler beaucoup pour gagner correctement sa vie, mais il peut le faire sous certaines conditions", notamment "en ayant une approche prudente sur les charges et une pratique optimisée de sa profession", a dit Bertrand Altmayer.

Les plates-formes ont exposé des situations "très diverses" entre "chauffeurs débutants ou peu expérimentés et ceux disposant d'une connaissance fine du métier et possédant des trucs leur permettant d'accroître leur revenu horaire et de maîtriser leurs charges", rapporte sur
Jacques Rapoport, le médiateur, qui avait reçu en amont les remarques des participants.

Des revenus inférieurs au Smic

L'ancien haut responsable à la SNCF a évalué le revenu mensuel moyen d'un chauffeur à "environ 1.800 euros (3.800 euros de recettes moins 2.000 euros de charges) pour 60h de travail hebdomadaires". Selon lui, "un tiers" de ces revenus vont dans les caisses du régime social des indépendants (RSI). Et compte tenu que la plupart des charges sont indépendantes du volume de travail, il "reste un revenu net disponible de 1.200 euros" pour 60 heures, ou seulement "un peu plus de 300 euros pour 40h". "Pour 60h, le revenu net est proche du Smic, le chauffeur n'étant couvert ni pour les accidents du travail, ni pour le chômage et ne prend pas de congés annuels", écrit-il.

Après une nouvelle réunion consacrée le 24 jannvier à la protection sociale notamment, le médiateur transmettra "l'ensemble de ses préconisations au Premier ministre" le 1er février, d'après la CFDT.

AFP