Au final, l’opérateur des TGV transManche a vu son trafic reculer de 4 % en 2016. La filiale de la SNCF (55%) et de la Caisse de dépôt et placement du Québec (30%) – le fonds Hermes Infrastructure détenant 10% et la SNCB 5% – a transporté exactement 10,01 millions de voyageurs contre 10,39 millions en 2015. C’est ce qu’indique le groupe Eurotunnel qui a publié le 24 janvier 2017 son chiffre d’affaires pour l’exercice précédent détaillant les revenus apportés  par ses clients.

Le recul de l’activité d’Eurostar n’est pas surprenant. L’entreprise ferroviaire a subi l’effet dissuasif sur sa clientèle touristique des attentats de Paris fin 2015 puis de Bruxelles début 2016, deux capitales que dessert historiquement Eurostar.
 
Un retournement de tendance

La bonne nouvelle pour Eurostar qui a multiplié les initiatives commerciales pour doper le trafic, c’est que le retournement de tendance a eu lieu lors du dernier trimestre 2016. La fréquentation a cessé de reculer.  Mieux, elle a progressé de 2% avec 2,462 millions de passagers contre 2,412 millions au dernier trimestre 2015. Le mois de décembre 2016 a même représenté un mois "record" avec une progression de 9%, souligne Eurotunnel.

En 2017, outre cette dynamique retrouvée, Eurostar devrait accroître son trafic grâce à une extension importante de son service. En effet, la compagnie ouvrira une liaison Londres-Bruxelles-Amsterdam, s'installant un peu plus dans la "banane bleue", le cœur le plus densément peuplé de l'Europe. Le lancement est prévu pour fin 2017 et a priori Eurostar mettra une roue sur les plates-bandes de sa cousine Thalys, filiale de la SNCF.
 
En tout cas, sur le transmanche, Eurostar conserve son monopole d'origine. La Deutsche Bahn, qui devait faire son entrée à Londres avant la fin de la décennie, n'a toujours pas programmée son arrivée. La compagnie allemande se concentre pour l'instant sur son trafic intérieur.

Reste à savoir quel sera l'effet à long terme du Brexit sur l'activité d'Eurostar et sur la clientèle d'affaires qui contribue pour une bonne part aux revenus d'Eurostar.

Marc Fressoz