Le Club des villes et territoires cyclables n’aura pas bataillé pour rien. Son président Pierre Serne a en effet confirmé que le "décret pour donner un bonus de 200 euros à l’achat d’un vélo à assistance électrique [était] à la signature".
 
Autre bataille en passe d’être gagnée, celle relative à l’indemnité kilométrique vélo (IKV). Pierre Serne a assuré que le Club était dans "l’attente du décret pour la mise en place de l’IKV dans la fonction publique territoriale". Avant d’ajouter : "On espère bien qu’au fur et à mesure de sa mise en place et de sa réussite, on renforcera sa part incitative."
 
Ces deux avancées permettent d’asseoir un peu plus le vélo dans le paysage des mobilités actives. D’autant que les résultats de l’enquête 2016 sur les politiques cyclables sont plutôt positifs. 
 
Une enquête, trois tendances majeures
 
Réalisée dans le cadre de l’Observatoire des mobilités actives, cette enquête, qui fait suite aux trois vagues précédentes de 2007, 2011 et 2013, est une photographie à mi-mandat municipal des politiques en faveur des cyclistes et des piétons. Via un questionnaire en ligne, l’étude a ainsi recueilli les réponses de 60 collectivités membres du Club des villes et territoires cyclables (30 communes et 30 groupements de communes). Cet échantillon représente plus de 14,5 millions d’habitants.
 
Trois tendances majeures ressortent. D’abord, « la part de la voirie disponible pour le vélo continue de croître. » C’est ce que fait observer Bruno Monjaret, directeur exécutif de KISIO Analysis, qui présentait les résultats, tableaux et chiffres à l’appui. Ainsi, les voiries aménagées pour les cyclistes représentent 26% des voiries disponibles et sont en progression par rapport à 2013. En outre, les aménagements cyclables s’insèrent mieux dans la ville et ne sont plus majoritairement séparatifs.
« La forte diffusion des zones 30 a provoqué un bond des kilomètres aménagés », ajoute-t-il. Ainsi, l’agglomération de Grenoble est passée de 25% à 59% de voiries aménagées, 42 des 49 communes de l’agglomération ayant généralisé la zone 30.
On constate également une augmentation de 26% des doubles sens cyclables entre 2013 et 2016.
 
Le deuxième enseignement de l’étude est que l’offre de stationnement intermodal est en progression. Le nombre de places a augmenté de 19%, après une hausse de 22% entre 2011 et 2013. Le stationnement en gare a augmenté sensiblement : c’est un enjeu « majeur pour l’intermodalité » en raison des parkings automobiles saturés.
 
Enfin, le troisième élément porte sur le budget annuel moyen alloué à la politique vélo. Celui-ci atteint 7,7 euros par an et par habitant en 2016, alors qu’il était de 5,8 euros en 2013.
 
Pour Pierre Serne, qui tient cependant à faire observer que dynamiques sont contrastées entre collectivités, « les politiques cyclables continuent à progresser au sein des communes et des intercommunalités ». Et d’ajouter : « Nous avons devant nous de belles années pour faire progresser la pratique et l’usage du vélo. »
 
Le vélo dans la course à la présidentielle
 
Ces résultats positifs encouragent l’association à vouloir peser dans la campagne présidentielle qui s’engage. « Le Club va s’engager dans la campagne [présidentielle] pour interpeller tous les candidats sur les 40 propositions que nous portons et qui visent à une accélération du changement en faveur du vélo », a déclaré Pierre Serne. Avant de lancer : « De 2017 à 2022, nous avons cinq années pour changer d’échelle et adopter une vraie stratégie nationale en faveur du vélo et des mobilités actives dans notre pays ! »
 
En effet, le Club des villes et territoires cyclables avance des pistes et des propositions, et ce dans plusieurs domaines. Sur la question des moyens, il propose d’affecter 10% du budget des routes nationales et des autoroutes au maillage des réseaux cyclables.
 
Sur la question de l’emploi, le Club s’appuie sur une étude de l’Agence de l’environnement de la maîtrise de l’énergie (Ademe) parue en 2016. Celle-ci met en évidence les retombées économiques et les créations d’emplois générées par les services vélo ().
 
Pour le Club des villes et territoires cyclables, la facilitation de l’usage du vélo représente ainsi une solution au problème d’accès à l’emploi. Ainsi, le Laboratoire de mobilité inclusive a montré que 41% des employeurs ont du mal à recruter à cause d’un problème de mobilité. De l’autre côté, 50% des personnes en insertion ont dû refuser un emploi ou une formation en raison de cette difficulté.
 
Enfin, le Club propose la généralisation de l’indemnité kilométrique vélo (IKV). Après la fonction publique territoriale, puis la fonction publique d’Etat, l’IKV devra ainsi devenir obligatoire dans les entreprises. Son caractère incitatif doit être renforcé en portant la part défiscalisée à 385 euros par an au lieu du plafond actuel de 200 euros.
 
Accédez aux propositions du Club des villes et territoires pour les candidats à la présidentielle :
 
Hadrien Baer