Le 17 février 2017, le secrétaire d'État à l'Industrie Christophe Sirugue et le PDG d'Alstom Henri Poupart-Lafarge ont réuni, pour la deuxième fois, le comité de suivi national, associant l’État, la direction et les organisations syndicales du groupe Alstom ainsi que les élus du territoire de Belfort et de la région Bourgogne-Franche-Comté.

Cap sur l'activité de maintenance
 
Ce point d'avancement des engagements pris par le gouvernement et Alstom pour le maintien des activités ferroviaires et industrielles sur le site de Belfort, a permis de faire plusieurs annonces. Ainsi, Akiem, filiale du groupe SNCF et de Deutsch Asset Management, prévoit de confier la maintenance patrimoniale de 23 locomotives au site de Belfort. Ce choix conforte l’engagement de faire du site belfortain le centre européen de référence de la maintenance de locomotives du groupe Alstom. La décision sera formalisée par Akiem avant le 15 mars.


La diversification du site de Belfort, en particulier avec les activités de services et de maintenance, se poursuit : depuis octobre 2016, Alstom a engagé un million d’euros dans l’aménagement d’un nouveau bâtiment industriel destiné à la maintenance.
 
Parallèlement, SNCF Réseau confirme la commande 20 locomotives de secours annoncée dans le plan de sauvetage de Belfort en octobre 2016. Les modalités d’acquisition seront arrêtées dans les prochaines semaines, précise le communiqué du ministère de l'Économie. Christophe Sirugue a fait état de "questionnements sur le montage qui doit être opéré". Il y a des "difficultés juridiques", "tout concourt à penser qu'il faudra passer par un appel d'offres", selon Claude Mandart (CFE-CGC).

En outre, l’État va continuer à accompagner Alstom pour le développement des locomotives bimodes, à la fois à travers le soutien de l’Ademe décidé à l’automne dernier à hauteur de quatre millions d’euros pour le développement de cette nouvelle plate-forme, ainsi qu’à l’export pour les marchés sur lesquels l’entreprise pourra se positionner. Alstom s'est engagé, en octobre 2016, à investir 40 millions d'euros sur son site franc-comtois, dont 30 millions pour développer et produire un nouveau modèle de locomotive de manoeuvre hybride électrique.

Discussion toujours en cours sur les TGV Paris-Milan
 
Au cours de ce comité de suivi national, SNCF Mobilités a confirmé qu’elle fera l’acquisition de 15 rames TGV Euroduplex pour moderniser son parc de matériel roulant. La décision d’acquisition sera prise lors du conseil d’administration prévu le 23 février.

En revanche, les discussions entre SNCF Mobilités et Alstom se poursuivent sur les rames destinées à la ligne Paris-Milan, en particulier, leurs caractéristiques, le plan d’affaires et leur financement.
Alstom vient de "geler" les études techniques, de source syndicale. Christophe Sirugue a évoqué des "considérations techniques en cours d'adaptation", expliquant que "la question est de savoir si ce sont six rames spécifiques, avec des particularités pour le TGV italien, ou six rames classiques".

Selon Olivier Kohler (CFDT), "il y a des discussions au niveau de la SNCF pour décider si les TGV doivent aller sur l'Italie ou le réseau français". Le dossier, qui représente six mois d'activité pour Belfort, va donc prendre plus de "temps", selon Claude Mandart (CFE-CFC). "Heureusement les TGV du futur, dont la commande pourrait être passée fin 2017, devraient nous permettre de faire la jonction" avec les TGV Paris-Bordeaux afin d'assurer une charge suffisante à l'usine de Belfort, estime-t-il.
 
Le comité local réunissant les élus locaux, les organisations syndicales, Alstom et les services de l’État en région sous l’autorité du Préfet du Territoire de Belfort, qui s'est tenu le 6 février 2017, avait déjà acté la signature d'une convention de financement en vue de
l'électrification de la voie d'essais de l'usine. Ces investissements concrétisent la décision d’Alstom de créer à Belfort un centre européen de maintenance des locomotives.

Enfin, le ministère de l'Économie en a profité pour préciser que la commande prévue de 30 trains d’équilibre du territoire (TET) destinée à l'usine de Reichshoffen sera notifiée avant le 10 mars 2017, dans la foulée de la signature de la convention TET entre l’État et la SNCF. Cette acquisition, qui représente un investissement de 500 millions d'euros, avait été décidée par le Comité voyageurs de SNCF Mobilités du 7 décembre 2016 et le financement voté au conseil d’administration AFITF du 31 janvier 2017.
 
F.G. (avec AFP)