Les applications d’information voyageurs sont-elles révolues ? C’est ce que pensent les deux fondateurs de FaceBots. Cette start-up créée en 2016 par Louis Delavaux et Maxime Girard vise à automatiser des conversions via Messenger, la messagerie instantanée de Facebook.
 
Ils ont commencé par créer des robots pour le compte de commerces et de restaurateurs bordelais. "L’un de nos clients est situé juste en face d’une station de tramway, et nous avons essayé d’imaginer le potentiel de clients qui pouvaient transiter par cet arrêt, explique Louis Delavaux, le directeur de Facebots. Or c’était assez difficile à estimer, car nous avions du mal à obtenir les chiffres, y compris les horaires et les fréquences de passage."
 
C’est donc tout naturellement qu’ils ont eu l’idée de créer un robot délivrant ces informations. L’objectif : éviter de courir pour attraper son tram ou l’attendre plusieurs minutes en station. "Ces deux cas de figure sont source de stress. La meilleure solution est d’arriver en même temps que le tram. Ce qui permet de se consacrer à autre chose : boire un café ou terminer un travail."
 
Une information quasi instantanée
 
Pour créer leur robot, ils ont récupéré les données fournies par Keolis Bordeaux, qui opère le réseau TBM. Ces données ont ensuite été agrégées dans un logiciel. Jusque-là, rien d’exceptionnel. Si ce n’est que ce travail n’a pas donné naissance à une application, mais à un "chat bot", autrement dit un robot qui dialogue via la messagerie de Facebook.
 
Un choix délibéré, puisque les deux fondateurs de la start-up sont persuadés que les robots vont progressivement remplacer les applications. "La majorité des applis sont vouées à disparaître. Généralement, les gens s’en servent une fois ou deux avant de les supprimer de leur téléphone 48 heures après les avoir téléchargées", poursuit Maxime Girard, en charge de la stratégie et de la croissance.
 
La solution Trambots ne nécessite aucun téléchargement. Pour accéder à l’information des réseaux de tramway ou de métro, il faut se connecter à Facebook et rechercher la page Trambots associée à la ville. "La démarche est la même que lorsqu’on recherche un ami", précise Louis Delavaux.
 
A la suite de quoi, il suffit d’envoyer une question via Messenger en précisant le nom de l’arrêt pour obtenir les prochains passages. "Cela prend trois secondes." Il faut en compter autant pour obtenir la réponse. "Notre solution est instantanée, ne prend quasiment pas de temps et ne consomme pas de data."
 
Des Trambots dans six villes
 
Bordeaux a été la première ville à disposer d’une page Trambots. "Depuis le 4 février 2017, 5.000 utilisateurs ont adopté ce système d’information", affirme Louis Delavaux. Cette solution a ensuite été développée à Toulouse, Lille, Lyon, Nantes et Strasbourg. A noter qu’à Bordeaux et Nantes les horaires des navettes fluviales sont intégrés au système, tout comme ceux des métros de Lyon et de Lille.
 
"En revanche, nous ne fournissons pas les horaires des bus, car c’est très compliqué. Ces réseaux ont en effet beaucoup de lignes et d’arrêts, ce qui nécessite une autre technologie. Pour l’instant, nous avons mis cela en stand-by", explique Maxime Girard.
 
La prochaine étape consistera à étendre ce système d’information instantané à la location de vélos en libre-service. L’idée est de pouvoir localiser les stations et de connaître le nombre de vélos disponibles. "La première déclinaison se fera d’ici un mois  avec les VCub de Bordeaux." Parallèlement, Facebots travaille sur le renseignement d’itinéraires, intégrant les correspondances.
 
Une communication organique
 
Les fondateurs de FaceBots estiment à un peu moins de 10.000 le nombre d’utilisateurs en France. "La communication se fait de façon organique. Ce sont les utilisateurs qui en parlent et partagent l’info sur Facebook. Nous avons créé une communauté, ce qui nous permet d’avoir des retours en temps réel." L’intérêt : adapter les informations en fonction des perturbations.
 
"Nous avons mis en place une surveillance automatisée des réseaux sociaux. Ainsi, lorsqu’il y a un problème sur une ligne de métro ou de tramway, nous le savons immédiatement et le robot s’adapte instantanément", précise Louis Delavaux.
 
Christine Cabiron