Critiquée notamment par les écologistes pour son plan anti-bouchons, Valérie Pécresse a coutume de répondre que ce n'est la route qui pollue mais les embouteillages. Ainsi, le conseil régional d'Île-de-France a voté, le 9 mars 2017,  annoncé en septembre 2016. La Région a prévu d'y consacrer 250 millions d'euros sur cinq ans et près de 60 millions pour tester des innovations autour de la route intelligente.
 
Concrètement, ce plan antibouchon cible 40 opérations. Il y a, en premier lieu, 25 points noirs identifiés, dont 6 jugés prioritaires. Les chantiers s'étaleront entre 2018 et 2020 pour réaliser :
- la création d'une voie rapide Meaux-Roissy (77) ;
- la poursuite de l'avenue du Parisis, entre Sarcelles et Gonesse (95) ;
- la construction d'un pont au-dessus de la Seine à Melun (77) ;
- la construction d'un franchissement de la Seine entre Athis-Mons et Vigneux (91) ;
- le doublement de la RD30 entre Plaisir et Élancourt (78) ; 
- le traitement du pont de Villeneuve-Saint-Georges (94).

Une gestion du trafic "nouvelle génération"
 
Le plan comporte également 12 études de faisabilité (voir la liste en fin d'article). Des budgets de 1 à 4 millions d'euros sont prévus pour chacune de ces études, qui ne devraient pas déboucher sur des travaux avant la prochaine mandature, précise le
dans son édition du 5 mars 2017. Une étude porte, en particulier, sur des voies réservées à Paris pour les taxis, l'autopartage et le covoiturage. "Avec 1,7 personne par véhicule contre 1,1 actuellement, on supprime les bouchons en Île-de-France et une grosse partie de la pollution automobile", affirme Valérie Pécresse, dans le Journal du dimanche.
 
De plus, ce plan antibouchon prévoit la création de trois centres de gestion du trafic de nouvelle génération dans les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne pour 7,6 millions d'euros. "L'idée est de mieux réguler les flux, de mieux régler les feux tricolores, de moduler les vitesses maximales, d'aménager des bandes d'arrêt d'urgence, d'améliorer la remontée d'informations en temps réel avec de meilleurs capteurs et l'installation de la fibre optique…", explique Valérie Pécresse, dans le JDD.

Des innovations pour la route
 
Enfin, la Région a décidé de créer un fonds consacré aux "routes intelligentes" de 58,2 millions d'euros. Le conseil régional a approuvé le protocole d'intention passé entre l'État et la Région sur le lancement d'un programme d'innovation et d'expérimentation sur le réseau routier francilien. Le secrétaire d'État aux Transports, Alain Vidalies, souligne, dans un communiqué, qu'il s'agit de la "première déclinaison dans la région-capitale du programme national Mobilité 3.0, lancé par le gouvernement dans le prolongement de la COP 21, pour le déploiement des systèmes de transport intelligent".
 
Concrètement, l’État et la Région s’engagent à financer sur une période d’au moins trois ans un ensemble d’actions en faveur de la "route intelligente" qui couvrent quatre thématiques :
- l'infrastructure routière (enrobés à très haute perfomance acoustique ; éclairage modulable selon les besoins ; alimentation de véhicules hybrides par caténaires ou par le sol ; etc.) ;
- l'exploitation (solutions numériques de recueil des données de trafic en temps réel ; gestion dynamique du trafic, des voies et des vitesses ; détection en temps réel d'incidents ou d'accidents de circulation ; etc.)
- les véhicules (solutions de communication inter-véhicules ; déploiement expérimental de flottes de véhicules connectés et de véhicules partiellement ou totalement autonomes ; test en vraie grandeur de véhicules propres utilisant de nouvelles motorisations ou énergies ; etc.) ;
- les usages, services et le management de la mobilité
(solutions de covoiturage, d'autopartage, et plus globalement de bouquets de services ciblant notamment des territoires hors de la zone dense et mal desservis par les transports en commun ; etc.).

Le conseil régional d'Île-de-France précise que le choix des projets éligibles au financement régional sera notamment apprécié en fonction de la pertinence des solutions proposées au regard des objectifs du plan régional "anti-bouchons et pour changer la route" et du "plan régional pour la qualité de l'air".

Florence Guernalec

(1) les 12 études de faisabilité portent sur les opérations suivantes :
- franchissements de la Seine à Melun et à Vitry, et entre Athis-Mons et Vigneux ;
- contournements de Melun (liaison RD306- RD346), Coulommiers et Gugines ;
- liaisons RD30-RD190 et A13-RD28 ;
- création d'un boulevard urbain de Clichy-Saint-Ouen ;
- RD7 Suresnes-Saint-Cloud ;
- carrefour ex-NI86-A3 et franchissement ;
- étude de voies réservées à Paris pour les taxis, l'autopartage et le covoiturage.