Comme elle s’y était engagée pendant la campagne des régionales, Valérie Pécresse va accélérer la sécurisation des transports franciliens en s’appuyant à la fois sur des moyens techniques, comme la vidéo surveillance, et sur le renforcement de la présence humaine. Ce "bouclier de sécurité", comme elle avait baptisé cette démarche qui avait été présentée lors du Comité national de sécurité dans les transports en commun d’avril 2016, va concerner notamment les réseaux de grande couronne qui sont trop souvent oubliés.

Deux cents agents de sûreté pour la grande couronne

Ainsi, 200 agents spécifiquement dédiés à la sûreté seront recrutés pour les bus de grande couronne (réseau Optile) pour un budget estimé à 10 millions d’euros sur quatre ans. Ils viendront en complément des 445 agents de médiation. Ce qui est "nécessaire mais pas adapté pour assurer la sécurité des voyageurs", précise Valérie Pécresse.

Ces équipes renforceront le dispositif actuel de 1.000 agents de la Suge (SNCF) et 1.000 agents du GPSR (RATP), un dispositif qui a déjà été augmenté en 2016. Au total, le Stif versera chaque année 140 millions d'euros par an aux opérateurs pour assurer une présence humaine sur leurs réseaux.

Pour permettre une mise en œuvre rapide, les opérateurs pourront "internaliser le service ou faire appel à des prestataires externes". Les réseaux – TRA qui opére les bus du réseau de Seine-Saint-Denis et la Strav (Choisy le roi, Créteil, etc.) – seront les premiers à bénéficier d’une subvention leur permettant de recruter chacun 6 agents.

La gratuité pour tous les policiers

Pour accroître encore la présence humaine, le Syndicat des transports d'Île-de-France va étendre la gratuité des transports à l’ensemble des policiers sur tout le territoire de la région. Jusque-là, en vertu d’un accord signé entre le Stif, les opérateurs et le ministère de l’intérieur, ce dernier prenait à sa charge la gratuité des transports dans la petite couronne pour 30.000 policiers. Le Stif étendra cette mesure aux 9.000 policiers de grande couronne qui n’étaient pas concernés par cette gratuité et "la financera intégralement." Le coût de cette mesure est évalué à 7 millions d’euros par an.

Le Stif va poursuivre l’équipement de son réseau en système de vidéo protection. "Au total, nous avons déjà 23.000 caméras dans les gares et les stations de métro. Et d’ici 2021, avec le renouvellement des matériels roulants, nous aurons l’ensemble des métros et des RER qui seront équipés de caméras de vidéo protection", explique Valérie Pécresse. Reste également a équiper les 20% des 5.000 bus Optile non dotés de caméras, ce qui "sera chose faite dès 2018" mais aussi les gares routières.

Vers une police des transports… et des chiens renifleurs

Mais, comme elle l’a déjà expliqué à plusieurs reprises, Valérie Pécresse tient à créer une meilleure coordination des forces de terrain "pour avancer vers une police régionale des transports", ce qui casserait les frontières entre les réseaux des différents opérateurs franciliens. Une première étape sera franchie en 2019 avec le regroupement de toutes les forces de sécurité sous l’autorité de la préfecture de police, qui se traduira par un PC sécurité unique à tous les opérateurs.

En attendant sa concrétisation, le numéro d’alerte 3117 sera généralisé dans un premier temps à la RATP. Accessible aussi par SMS ou via une application, ce système d’alerte permettra aux témoins d’une situation à risque sur le réseau de la signaler.

Enfin, pour limiter les dysfonctionnements dus aux sacs ou bagages oubliés (en hausse de 122% depuis 2014), la SNCF va déployer 20 brigades de cyno-détection avec des chiens spécialement formés pour la détection d’explosifs. La RATP mène déjà une expérimentation de ce type dans son réseau.

Robert Viennet