De l'autopartage entre particuliers aux aéroports et aux gares à la possession d'une voiture à temps partiel, Tripndrive a fait partie des pionniers dans les nouvelles mobilités en quatre ans d'activité. Un des cofondateurs, François-Xavier Leduc, a annoncé que la start-up a été mise en liquidation judiciaire le 16 mars 2017.
 
A l'instar de son concurrent
TravelCar (ex-TravelerCar) créé quelques mois plus tôt, Tripndrive se positionne, en 2013, sur le marché de l'autopartage entre particuliers aux aéroports puis dans les gares. Le voyageur bénéficie d’un parking gratuit en échange de son accord pour louer sa voiture et gagne même un peu d’argent lorsque celle-ci est louée. En 2015, la start-up a déployé son service dans plus de 30 gares et aéroports, et revendique quelque 50.000 utilisateurs. Insuffisant pour être rentable.

Un changement de modèle de mobilité
 
François-Xavier Leduc raconte, sur
, que la start-up choisit alors de pivoter. Au lieu de s'adresser uniquement aux voyageurs, Tripndrive cible les urbains. "Le principe est le suivant : vous choisissez la voiture, le nombre de jours dont vous avez besoin sur l’année, et le parking le plus proche de chez vous pour la stationner, explique François-Xavier Leduc. En contrepartie, vous payez une mensualité, dès 85 euros par mois pour une citadine 50 jours par an, tout inclus (voiture, parking, assurance, entretien). Le service offre le bénéfice de la propriété, sans les contraintes, pour un coût de revient deux à quatre fois inférieur aux alternatives (propriété, autopartage, location courte durée, location longue durée)."
 
Le modèle, créé en collaboration avec PSA, est ainsi expérimenté à Paris avec des voitures de
la marque Citroën voici un an – 130 voitures réparties sur 35 stations. Tripndrive revendique un taux d'utilisation de la flotte automobile de près de 50%. Fort de ce test, François-Xavier Leduc explique que la start-up entre alors en discussion avec d'autres constructeurs – Fiat, Volkswagen, Toyota – et finalise des partenariats avec tous les opérateurs de stationnement "pour être capable de construire la bonne densité des stations".

Des modèles jumeaux
 
Parallèlement, Tripndrive a besoin de réussir rapidement une levée de fonds pour financer la poursuite de son activité. Lâchée au dernier moment par un fonds d'investissement, la start-up est contrainte de se déclarer en cessation de paiement le 6 mars 2016 au Tribunal de commerce. Dix jours plus tard, la liquidation est prononcée. "Nous avions réussi (...) un produit que nous visualisions, avec en sous-jacent un gros marché en pleine mutation", regrette François-Xavier Leduc.
 
De son côté, TravelCar, qui a levé 15 millions d'euros en février 2017 auprès notamment de son actionnaire PSA, a réussi à s'imposer sur le marché de l'autopartage aux aéroports et a également élargi sa cible aux citadins. L'entreprise fondée par Ahmed Mhiri revendique, à ce jour, plus de 200 agences et 300.000 utilisateurs dans 10 pays européens. La start-up a même annoncé
l'exportation de son modèle aux États-Unis en 2017. En décembre 2016, TravelCar a également mis au point avec PSA, une offre de location longue durée. TravelCar garantit le montant du loyer en échange de son partage 20 jours par mois. 
 
Florence Guernalec