"Cela fait 15 ans que l'on rêvait de redonner aux piétons, aux enfants, l'usage de cette magnifique promenade", a déclaré Anne Hidalgo lors de l'inauguration du parc "Rives de Seine". La rive droite est officiellement interdite aux voitures depuis le 21 octobre 2016 par arrêté municipal, sur 3,3 kilomètres du quai bas le long de la Seine, de l'entrée du tunnel des Tuileries (Ier arrondissement) à la sortie du tunnel Henri-IV (IVe).
 
"Nous ne sommes pas antivoitures, nous sommes antipollution", a insisté la maire de la capitale, après avoir lancé un "Vive la vie, vive Paris et vive la respiration". Cette piétonnisation, très surveillée par la préfecture de police et plusieurs observatoires come Airparif et Bruitparif, reste toujours contestée par des élus souvent de droite et de banlieue, selon lesquels elle provoque des embouteillages.
 
Le verre à moitié plein, à moitié vide

En particulier, les études sur la circulation, le bruit, la qualité de l'air, auxquelles la Ville s'est engagée pour six mois, font l'objet d'une bataille de chiffres entre la mairie de la capitale et la région Île-de-France. Ainsi, la Ville de Paris considère que
le 31 mars 2017 qui portent sur la période entre mi-novembre et mi-décembre 2016, confortent sa décision de fermer les berges rive droite même si Anne Hidalgo reconnaît une augmentation de la pollution dans certaines zones. "Ces hausses très localisées sont nettement inférieures à la baisse générale constatée sur la rive droite", a déclaré la maire de Paris.
 
En revanche, la région Île-de-France souligne, dans un communiqué, que "la tendance à la baisse de la pollution à Paris est interrompue, pour la première fois depuis dix ans". Elle constate que la pollution de l'air s'accroît sur les quais hauts et sur les itinéraires de report comme le boulevard Saint-Germain, le périphérique ou l'autoroute A86 : "Ces résultats montrent que le scénario actuel de fermeture des voies sur berge ne fait que déplacer le problème de la pollution dans le régler".
 
Trois mois de plus pour décider ?
 
L'occasion également pour la présidente de la Région Île-de-France de rappeler
les deux scénarios alternatifs présentés le 14 mars 2017 qui optent pour une piétonnisation progressive des voies sur berge rive droite avec notamment la création d'un bus électrique à haut niveau de service sur les quais hauts. Ainsi, la Région demande au préfet de police d'étudier ses deux scénarios. En outre, elle soutient la demande d'Airparif de poursuive sa campagne de mesures en mai-juin 2017 afin de disposer d'un bilan sur une année.

Ainsi, Valérie Pécresse demande au préfet de police de prolonger de trois mois l'expérimentation qui doit officiellement s'achever le 21 avril. Selon Le Monde, celui-ci devrait annoncer sa décision lors de la prochaine réunion du comité technique chargé du suivi de l'expérience qui se tiendra dans la deuxième quinzaine d'avril. Pressée d'en finir avec cette autoroute urbaine, Anne Hidalgo n'a pas attendu la décision définitive du préfet de police pour installer des jeux et animations.
 
Florence Guernalec (avec AFP)