Alors que la Ville de Paris a fait le choix de l'interdiction du diesel à l'horizon 2020, Londres préfère dégainer l'arme de la dissuasion. En effet, son maire Sadiq Khan a annoncé, le 4 avril 2017, la création d'un péage dans une zone à ultra basse émission (Ultra low emission zone – Ulez) qui couvre une superficie de 21 km2.
 
Dès 2019, les véhicules diesel de plus de quatre ans et les véhicules essence de plus de 13 ans devront ainsi s'acquitter d'un péage de près de 15 euros par jour pour circuler dans le centre de Londres, 7 jours/7, 24 heures/24. Les autobus, cars et camions devront régler 117 euros par jour. Les taxis ne seront pas concernés et les Londoniens, qui vivent à l'intérieur de la zone, en seront exemptés jusqu'en 2022.

9.000 tués par an
 
L'objectif ? Réduire les émissions d'oxydes d'azote (NOx) dans cette zone de 50% dès 2020. Sadiq Khan explique que la pollution de l'air "tue", chaque année, 9.000 personnes dans le Grand Londres. "L'une des principales raisons pour lesquelles l'air de Londres est mortel réside dans les émissions des véhicules. Nous avons calculé que plus de la moitié de la pollution de l'air est causée par les transports", a-t-il expliqué à l'AFP.
 
Ce péage a vocation à être étendu progressivement. En 2020, la zone couvrira la quasi-totalité du Grand Londres pour les bus, autocars et camions diesel. En 2021, il s'agirait d'étendre encore sa superficie et de taxer tous les véhicules polluants.

Une "toxic charge" dès 2017
 
Dès octobre 2017, un premier pas sera franchi puisque les véhicules mis en circulation avant 2006, paieront une taxe baptisée "toxic charge" (T-Charge) de près de 12 euros. Cette redevance s'ajoute au péage urbain mis en place en 2003 qui concerne, cette fois, tous les véhicules du lundi au vendredi de 7h00 à 18h00 et qui s'élève à 13,5 euros par jour. Ainsi, le maire de Londres considère que la somme des deux sera suffisamment dissuasive pour réduire drastiquement la pollution de l'air.
 
F.G.
 
Londres, Paris et Séoul mobilisés contre la pollution de l'air
 
Les maires des trois capitales ont annoncé, le 29 mars 2017, la création d'un nouveau système de notation des véhicules fondé sur leurs émissions réelles de particules polluantes. L'information sera fournie par l’International Council on Clean Transportation (ICCT) et Emissions Analytics.
 
"Cela fait trop longtemps que certains constructeurs automobiles profitent d’une réglementation floue et que les consommateurs sont dans l’impossibilité de connaître l’impact sanitaire réel causé par leur véhicule", explique, dans un communiqué, Anne Hidalgo, maire de Paris et présidente du C40 (Cities Climate Leadership Group), qui regroupe 85 grandes villes mondiales mobilisées pour le défi climatique,.

Actuellement, le système de notation des véhicules dans l’Union européenne n’évalue que certains polluants et se fonde sur des tests en laboratoire. Or, les émissions réelles des véhicules en circulation s’avèrent être jusqu’à 15 fois plus importantes que celles constatées lors de ces tests, explique le communiqué.  

Le nouveau système de notation consistera en l’attribution d’une note pour chaque modèle de véhicule. Elle sera calculée en fonction de l’ensemble des polluants qu’il émet en situation réelle, c’est-à-dire lorsqu’il circule.
 
Ces notes pourront être consultées par les citoyens de façon totalement transparente et devraient être mises en ligne dès la fin 2017.