A compter du 2 mai 2017, les amendes seront plus salées pour les Bordelais qui emprunteront le réseau TBM sans titre de transport. La non-validation d’un billet ou d’une carte d’abonnement coûtera 72 euros (au lieu de 51 actuellement), ou 122 euros si le paiement ne s’effectue pas dans les 72 heures. Les incivilités coûteront pour leur part 150 euros.
 
Cette décision, présentée par Bordeaux métropole le 6 avril 2017, découle de la loi Savary
visant à lutter contre la fraude et les incivilités dans les transports publics. Dans cette collectivité, la fraude représente un manque à gagner de plus de 7 millions d'euros par an.
 
Selon une enquête réalisée du 5 au 11 octobre 2016 auprès de 6500 personnes sur les lignes les plus fréquentées du réseau, le taux de fraude mesuré s’est établi à 11,5%, en légère hausse par rapport à 2015 où le taux était de 10,1%. La fraude est principalement constatée dans le tramway (12,6%) contre 9,3% dans les bus.
 
Les inactifs fraudent le plus
 
Les inactifs représentent 20% des fraudeurs. Chez les scolaires et les étudiants, le taux de fraude (14,5%) est en hausse de 30% par rapport à 2015.
 
Autre statistique : la fraude est particulièrement forte le dimanche (17,6%) et le samedi du fait notamment de l’augmentation des voyageurs occasionnels qui utilisent le réseau sans titre de transport. L’enquête révèle également que le taux de fraude reste important sur les trajets courts. Enfin, ce sont les hommes qui fraudent le plus (14,6%) contre 0,9% chez les femmes.
 
Des sanctions plus lourdes
 
A compter du 2 mai, le rôle répressif des contrôleurs sera renforcé. Si le contrevenant ne peut pas justifier de son identité ou s’il ne régularise pas immédiatement sa situation, il devra rester à la disposition du contrôleur, le temps que celui-ci e l’officier de police judiciaire. Le non-respect de cette obligation entraînera un délit passible de 2 mois de prison et d’une amende de 7.500 euros. Les agents assermentés de TBM pourront alors lui imposer de descendre du tramway ou du bus.
 
L’identité et l’adresse du fraudeur pourront être vérifiées auprès des administrations publiques et organismes de sécurité sociale en vue de permettre le recouvrement des sommes dues.
 
La déclaration d’une fausse adresse ou d’une fausse identité sera passible de 2 mois de prison et de 3.750 euros d’amende. La diffusion de messages – notamment sur les réseaux sociaux – signalant la présence de contrôleurs ou d’agents de sécurité est passible de la même peine et du même montant de contravention.
 
Enfin, le "délit d’habitude" de fraude passera de 10 à 5 contraventions et assorti de 6 mois d’emprisonnement et de 7500 euros d’amende.
 
Campagne de prévention
 
Pour informer les clients du réseau bordelais sur les risques qu’ils encourent à frauder, Keolis Bordeaux va organiser une nouvelle campagne de communication. L’idée est de transformer les fraudeurs en clients avec le slogan "devenez client, c’est moins cher !".
 
Pour compléter cette campagne, une opération de sensibilisation sera menée par le personnel de l’opérateur de transport afin d’échanger avec les clients sur ces nouvelles mesures.
 
Des « Tickartes » en juillet
 
Depuis janvier 2017, de nouveaux valideurs sont en cours de déploiement dans les tramways et bus. Ce nouveau système de billettique permettra à partir de juillet prochain d’utiliser les nouveaux titres de transport sans .
 
Les « Tickartes » faciliteront le geste de validation puisqu’il suffira de passer le titre de transport devant le valideur, comme pour les cartes d’abonnement. Ces nouveaux supports pourront être rechargés une dizaine de fois.
 
Le renouvellement du système billettique, dont le coût s’élève à 13,5 M€,  a été financé par Bordeaux métropole. Cet investissement englobe l’installation de 3500 valideurs, 200 distributeurs de titres de transport et 160 terminaux de vente chez les dépositaires ainsi que l’émission de plusieurs millions de « Tickartes » sans .
 
En 2016, le réseau bordelais qui compte 205 000 abonnés a enregistré 141 millions de voyages.
 
Christine Cabiron