"L'utilisation des formules outrancières et les accusations envers Smoovengo doivent cesser de manière immédiate, sous peine d'actions judiciaires que le groupement n'hésitera pas à mettre en oeuvre", a prévenu le consortium, composé de la start-up Smoove, spécialisé dans les vélos en libre-service, et de ses partenaires Indigo, Mobivia et Moventia, dans un communiqué publié le 6 avril 2017.

Après
avoir démenti avoir perdu le marché Vélib', JCDecaux avait admis le lendemain ne pas avoir été retenu et attaqué aussitôt son concurrent. Dans un communiqué daté du 31 mars, le géant de l'affichage publicitaire estimait que l'écart entre les deux offres "se fonde sur un dumping social, avec une proposition excluant la reprise de l'ensemble des personnels et reposant sur de nouvelles équipes inexpérimentées, moins nombreuses et à des conditions sociales et salariales dégradées".
 
"Les mises en causes concernant un dumping social sont totalement infondées et constituent une contre-vérité. Le groupement Smoovengo s'est déjà engagé dans son offre à privilégier le personnel en place pour ses nombreux recrutements à venir", a réagi Smoovengo.
En outre, le consortium juge les méthodes de communication de son rival "indignes d'un champion français" et accuse JCDecaux d'avoir "pour principal objectif de remettre en cause par tous les moyens la possibilité qu'un autre exploitant puisse lui succéder".

Des salariés toujours pas satisfaits
 
Parallèlement, les salariés de Vélib' ne sont toujours pas rassurés par les déclarations du consortium emmené par Smoove. Ils poursuivaient, le 6 avril, leur grève perlée, expliquant ne pas se satisfaire de l'offre de reprise de l'effectif par le consortium Smoovengo et affirmant vouloir être "tous repris aux mêmes conditions".
 
La proposition de Smoovengo "n'est pas rassurante", a indiqué à l'AFP Bambo Cissokho, secrétaire du comité d'entreprise de Cyclocity, filiale Vélib' de JCDecaux actuel détenteur du marché et qui emploie 315 personnes."Ils disent on est prêt à vous reprendre et vous serez même prioritaires, mais si on nous propose moins qu'on gagne aujourd'hui et qu'on ne veut pas, on peut aller pointer à Pôle emploi", a-t-il indiqué. Nous voulons que Smoove "s'engage à nous reprendre tous, avec les mêmes  contrats et les mêmes acquis sociaux", a-t-il répété.
 
Les salariés veulent également rencontrer tous les élus du Syndicat, qui rassemble Paris et une centaine de communes partenaires du service, pour leur demander de ne voter l'offre du repreneur qu'à condition que ce dernier s'engage à reprendre tous les salariés aux mêmes conditions.

Le syndicat mixte Autolib' et Vélib' Métropole a annoncé, le 1er avril 2017, avoir "classé en tête l'offre du groupement Smoovengo" pour ce marché, écartant ainsi l'offre JCDecaux-RATP-SNCF. Ce choix doit être entériné par un vote le 12 avril.
 
Florence Guernalec (d'après AFP)
 
 
Les élus parisiens s'en mêlent
 
"Si le syndicat métropolitain accorde, le 12 avril prochain, le marché Vélib' à la société Smoove, il ferait le choix du dumping social pour un service Vélib' low-cost", dénoncent les élus communistes dans un communiqué, appelant à voter "contre l'attribution du marché à Smoove s'il n'y a pas de garanties pour les salariés de Cyclocity". "Il ne peut y avoir d'attribution sans garanties de reprise à salaires et conditions de travail équivalentes", ont-ils insisté.
 
De leur côté, les élus écologistes de Paris ont annoncé avoir adressé un courrier à Laurent Mercat, PDG de Smoove, et Jean-Charles Decaux, président du directoire du groupe JCDecaux, pour leur demander "de s'engager formellement pour qu'aucun licenciement ne soit à déplorer à l'issue du changement du titulaire du contrat Vélib'".

Ce service "est pour nous, écologistes, essentiel pour favoriser l'usage des mobilités douces et non polluantes", affirme le courrier rappelant que les salariés de Cyclocity (filiale Vélib' de JCDecaux) ont "montré à quel point leur travail est de qualité".

L'UDI-Modem, en s'interrogeant sur la continuité du service, a pour sa part assuré que celle-ci reposait "essentiellement sur ses 315 salariés aujourd'hui les plus compétents et les plus expérimentés".

"Il serait honteux autant qu'inacceptable, que dans la prise en compte des critères d'attribution du renouvellement de ce marché, ils aient été considérés comme une variable d'ajustement", indique un communiqué.

AFP