"Comment concevoir aujourd’hui que la quatrième ville de France soit mise à l’écart de la grande vitesse et de toutes les retombées positives qu’elle entraîne pour le territoire ?", s'interrogent la présidente PS de la région Occitanie Carole Delga, le président PS du conseil départemental de Haute-Garonne Georges Méric, et le président LR de Toulouse Métropole Jean-Luc Moudenc dans publié le 17 avril 2017.
 
Ainsi, ces élus ont décidé d'interpeller les candidats à l'élection présidentielle pour leur demander de confirmer le lancement de la ligne à grande vitesse (LGV) Bordeaux-Toulouse. Ils affirment, dans cet appel, que de nombreuses collectivités partenaires, des acteurs socio-économiques, des usagers, des associations, la réclament et l’attendent.

Les associations et élus Nouvelle-Aquitaine et Occitanie opposés aux projets d'extension LGV ont, de leur côté, qualifié "d'inacceptable" une "pression des grands élus", qui "montre une irresponsabilité financière, environnementale et humaine considérable pour satisfaire leur ego, incompatible avec la situation actuelle et les vrais besoins du pays".

Dans un communiqué parvenu à l'AFP le 18 avril 2017 et cosigné par plus de 70 associations, deux communautés de communes, dix communes, un collectif d'élus sur six départements, "les antis" rappellent que des recours "en bonne et due forme" sont pendants devant des tribunaux administratifs et que les déclaration d'utilité publique (DUP) prononcées en préfecture en juin 2016 par l'État "pourraient être annulées".

Un groupe public réticent
 
Cet appel a été lancé deux jours avant la visite du président de la SNCF Guillaume Pepy à Toulouse. Fin mars, celui qui ne soutient visiblement pas cette nouvelle LGV avait indiqué que l'instruction de ce dossier "par l'État était toujours en cours". Selon lui, c'est probablement courant 2018, une fois tous les recours administratifs et juridiques purgés qu'il appartiendra à l'État et aux élus de prendre les décisions et de passer aux étapes suivantes.

Un décret publié au Journal officiel, le 5 juin 2016, a
déclaré "d'utilité publique et urgents les travaux nécessaires à la réalisation des lignes ferroviaires à grande vitesse Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax entre Saint-Médard-d'Eyrans (Gironde), Saint-Jory (Haute-Garonne) et Saint-Vincent-de-Paul (Landes)". La commission d'enquête publique avait un rendu un avis défavorable sur le projet en mars 2015.

Des candidats divisés sur cette LGV
 
Les signataires de cet appel font valoir que la Région accueille 52.000 nouveaux habitants chaque année. "Pour booster l’économie et les emplois, pour accroître l’attractivité et l’activité touristique, pour assurer l’égalité territoriale, la LGV reliant Paris à Toulouse n’est plus un atout, c’est une nécessité", insistent les élus. Jean-Luc Moudenc a même lancé
une pétition le 23 mars 2017 qui a recueilli, à ce jour, 23.000 signatures.
 
Lors du
débat organisé par TDIE le 22 mars 2017, le représentant de François Fillon, Dominique Bussereau, s'était déclaré favorable à la réalisation de cette LGV en raison des accords passés avec l'Espagne. Celui d'Emmanuel Macron, Arnaud Leroy, avait invoqué l'avancement des "travaux" pour mener ce projet à son terme, tandis que François de Voyer avait déclaré que Marine Le Pen était opposée à la réalisation de toute nouvelle LGV. Les représentants de Benoît Hamon et de Jean-Luc Mélenchon n'avaient pas pris position.
 
En préambule de ce débat, Yves Crozet, professeur spécialiste des questions de transports, avait néanmoins refroidi les ardeurs des partisans de nouvelles infrastructures ferroviaires : "Le transport ne suscite pas la croissance, c'est l'inverse". Il avait, notamment, critiqué les grands projets en cours qui ne sont pas financés et avait prévenu : "Si un candidat vous dit : on va relancer l'investissement. Il ne faut pas le croire..."
 
Florence Guernalec (avec AFP)