Du lundi au vendredi, les Français passent en moyenne 7h12 à se déplacer selon (BCG) auprès de plus de 10.000 Européens dans 10 pays, dont 1.000 Français (1). C'est 2h23 de moins que la moyenne des Européens.
 
Sans surprise, la voiture reste le moyen de transport privilégié dans l'Hexagone, plus qu'ailleurs : 67% (contre 61% pour la moyenne européenne) l'utilisent pour se rendre sur leur lieu de travail ou d’études, 86% (contre 73%) pour aller faire leurs courses alimentaires importantes ou encore 69% (contre 56%) pour emmener leurs enfants à leurs activités quotidiennes.
 
La raison invoquée ? Pour 43% des Français interrogés (contre 35% pour la moyenne européenne), il est parfois difficile d'utiliser les transports en commun de proximité en raison d'un mauvais maillage du territoire : en effet, 48% invoquent des destinations mal desservies, 23% des arrêts de transport en commun trop loins de chez eux et 39% des fréquences de passage trop faibles.
 
Une fracture territoriale et sociale
 
Ainsi, 27% des personnes interrogées ont le sentiment d'être "un peu trop loin de tout", un chiffre qui monte à 46% pour ceux qui habitent en zone rurale. Les jeunes (32% des 18-24 ans) et les personnes aux revenus modestes (26%) sont également les plus concernées.

40% de ces personnes pensent que là où ils habitent, les pouvoirs publics en font plutôt moins qu’ailleurs pour le bien-être des habitants. En outre, 37% des actifs français pensent que s’ils perdaient leur travail, ils devraient déménager pour retrouver un emploi équivalent.

La problématique de la desserte des territoires peu denses faisait partie des thèmes abordés lors des
États généraux de la mobilité durable imaginés par l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP). "Ce n'est pas le sujet le plus simple, avait avoué son président Jean-Pierre Farandou lors d'une étape à Lille en otobre 2016. Ce sont des populations aujourd'hui reléguées qu'on retrouve dans les résultats des dernières élections. Il va falloir continuer ce travail."
 
Une exigence de fluidité
 
Les Français interrogés considèrent que toutes les initiatives visant à favoriser l’intermodalité leur permettraient de se déplacer plus facilement dans leur vie quotidienne : ainsi, ils plébiscitent le titre de transport unique (78%), des gares routières mieux connectées aux transports en commun (73%) ou encore des emplacements réservés à l'entrée des autoroutes pour y laisser son véhicule et prendre un autre mode de transport sur autoroute ou voie rapide (66%).
 
Le développement des services digitaux est aussi considéré comme prioritaire par les Français pour leur permettre de se déplacer plus facilement : une meilleure information sur l’offre de transports en commun disponible près de chez eux (66%) et les offres de covoiturage et d’autopartage disponibles (56%), des itinéraires complets leur permettant de combiner des moyens de transport (63%), ou encore des solutions de paiement par mobile (45%).
 
Une exigence d'investissements
 
Les Français se montrent dans l’ensemble moins critiques que la moyenne des Européens quant au niveau d’investissement des pouvoirs publics dans les infrastructures de transport.
Ils sont néanmoins une majorité à considérer que les investissements restent insuffisants en ce qui concerne l’accompagnement des nouvelles formes de mobilité (62% en ce qui concerne les stations de recharge des véhicules électriques contre 74% pour la moyenne), mais aussi le réseau ferroviaire (54% contre 62% en moyenne) et les points de correspondance entre différents modes de transport (52% contre 61% au global).
 
Si ces investissements étaient réalisés, les Français seraient prêts à changer de comportement en matière de mobilité, mais moins que la moyenne des Européens. Ils se disent prêts à utiliser plus souvent les transports en commun (65% contre 72% pour l’ensemble des Européens), le covoiturage et l’autopartage (40% contre 44%) et à utiliser moins souvent leur véhicule personnel (60% contre 66%).

Une étude qui tombe à pic en pleine campagne électorale de second tour.
 
Florence  Guernalec


(1) Méthodologie : étude réalisée par Ipsos et le BCG pour l’ASFA auprès de 10.018 Européens, dont un minimum de 1.000 personnes dans chacun des 10 pays sondés (France, Irlande, Italie, Allemagne, Espagne, Belgique, Grèce, Pologne, Slovaquie, Portugal). 
Dans chacun des pays, un échantillon représentatif (méthode des quotas) de la population nationale âgée de 15 ans et plus a été interrogé. 
Terrain réalisé par internet du 23 février au 28 mars 2017.