Coup de théâtre, le ticket Thales-La Tour Capital n'est pas valide. La vente des activités de billettique de Thales au fonds d’investissement français a fini par capoter.

Le groupe dirigé par Patrice Caine a officialisé la nouvelle le 9 mai 2017 dans un bref communiqué : "Thales et Latour Capital mettent un terme aux négociations exclusives relatives au projet de cession de l’activité billettique", peut-on lire. 

Un accord avait été conclu en 2016 entre le vendeur et ce fonds d'investissement pour la vente  des activités Revenues Collection Systems (RCS), autrement dit de collecte de paiement, de systèmes de gestion de péages routiers et de parkings.

Mais la perspective d'une cession à un investisseur financier sans compétence industrielle – qui aurait réalisé là sa plus grosse opération – avait, au fil du temps, fini par susciter l'opposition interne des représentants du personnel. Le CCE de Thales s'y était opposé le 24 avril 2017. Est-ce la seule raison à ce renoncement ? Ni Thales, ni Latour n'apportent d'explication à cet échec.

Quelle stratégie à venir ?

"Thales poursuivra l’examen des différentes options identifiées pour assurer le développement de cette activité dans l’intérêt de ses clients et de ses collaborateurs", annonce le groupe. Va-t-il reprendre les discussions avec l'industriel américain Cubic qui était finaliste face à Latour ? Ou bien relancer une consultation la plus large possible ?

Thales souligne qu'en "2016, cette activité a réalisé un chiffre d’affaires de 190 millions d’euros, en hausse de plus de 20% par rapport à 2015". Mais la maison mère peut également choisir de faire une pause, le temps de restaurer le confiance au sein de cette entité un peu chahutée.

Dans l'immédiat, le groupe va continuer le processus de filialisation de cette activité qui n'a pas d'entité juridique au sein de la branche Communication and Security.

Les vicissitudes de ce fournisseur des réseaux de transports urbains et ferroviaires sont évidemment regardées avec intérêt par des concurrents comme Conduent (ex-Xerox), Parkeon, Cubic mais aussi Ixxi, la filiale digitale de la RATP.

Marc Fressoz