"L'objectif, c'est 2 millions de trajets quotidiens à vélo à l'horizon 2021", a annoncé Stéphane Beaudet, vice-président en charge de transports, contre 650.00 aujourd'hui, soit 1,6% de l'ensemble des déplacements franciliens (1). La région Île-de-France a décidé de privilégier "la pratique utilitaire du vélo" plutôt que les itinéraires de loisirs.

Pour inciter les Franciliens à ces déplacements quotidiens, le plan prévoit le lancement d'un appel à projets sur trois ans, "autour d'un ou plusieurs territoires à fort enjeu régional pour développer la pratique cyclable en prenant en compte l'ensemble des besoins des usagers".

"Il s'agit de passer d'une logique de guichet (à subventions) à une logique de projets de territoire", a déclaré M. Beaudet, qui ne souhaite plus financer quelques mètres de pistes cyclables épars, mais développer plus largement la pratique du vélo.
 
Répondre à l'attente des cyclistes
 
Comment la Région compte réussir ? "En répondant à l'attente des cyclistes" en matière de sécurité des pistes cyclables (éclairage, fin des coupures urbaines...), de parkings, de panneaux pour mieux se repérer ou de services (information, réparations, locations, etc.). Valérie Pécresse avait lancé
une consultation publique auprès des cyclistes franciliens en septembre 2016.

Ce plan vélo prévoit également de proposer davantage de services en partenariat avec le syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif). Ainsi, pour lever un des freins à la pratique du vélo, la Région souhaite développer des espaces de stationnement en complément des stations Véligo déployées par le Stif : arrêts de cars, aires de covoiturage... mais aussi lycées. La Région va aussi créer un calculateur d'itinéraires cyclables qui sera intégré à son appli Via Navigo.
 
Des actions pour promouvoir l'usage du vélo
 
Avec le Stif, la Région "envisage de développer la location longue durée de vélos à assistance électrique", et de soutenir l'investissement pour développer de nouveaux équipements collectifs (ateliers de réparation, vélo-école, etc.)."Le budget dépendra de la nature des projets proposés", a déclaré Stéphane Beaudet. "Il s'agit d'intéresser les territoires pour qu'on dépense le maximum" pour la pratique du vélo, a-t-il dit.
 
Enfin, la Région va également promouvoir l'usage du vélo. Une aide financière sera apportée pour mettre en place des dispositifs de suivi/évaluation, en lien avec les associations qui réalisent déjà un travail de terrain et de développement des outils de crowfunding et collaboratifs, précise la Région. Cette dernière précise que "dans un souci d'exemplarité", elle favorisera la pratique du vélo auprès de ses agents.
 
Un consensus politique large

Le plan a été adopté par tous les groupes, à l'exception du FN, qui s'est abstenu, jugeant qu'il fallait "hiérarchiser les priorités" et qu'il était plus urgent d'améliorer le matériel roulant et le réseau routier. Pour les écologistes, il s'agit d'un "beau plan vélo, pragmatique et ambitieux", même si les amendements du groupe n'ont pas été retenus, comme "la proposition de créer une prime régionale de soutien à l'acquisition de vélo". Le PS a aussi regretté que ses amendements, portant sur une étude pour étendre la pratique de la trottinette, ou sur la promotion du "made in France" dans les appels à projet n'aient pas été retenus.
 
Florence Guernalec (avec AFP)
 

(1) Chiffres issus de l'