L’information courait depuis plusieurs jours, mais a été officiellement entériné le 1er juin 2017, par un vote du conseil de communauté du Pays de Montbéliard, une agglomération de 72 communes et 142.000 habitants. Le vote est sans appel (93 voix pour, 17 contre et une abstention), mais il s’est déroulé dans une ambiance tendue, rapporte la presse locale, avec comme toile de fond le contexte social.

Si les 249 salariés directs du réseau n’ont pas de souci à se faire puisqu’ils sont obligatoirement repris par le nouveau délégataire comme le prévoit le code du travail, "quid de ceux (une centaine) des entreprises sous-traitante ?", s’inquiètent les opposants au contrat avec l’opérateur espagnol. Le président du Pays de Monbéliard Agglomération Charles Demouge a tenté de désamorcer la querelle en lisant une lettre de Marfina/Moventia qui s’engage à reprendre les salariés actuels du réseau aux mêmes conditions sociales.

Un argument qui ne rassure pas le patron de Keolis Mont-Jura, un autocariste sous-traitant cité par L’Est républicain "A cette heure, mes 40 salariés n’ont plus d’activité au 1er juillet". En cause le coût au kilomètre promis à ses sous-traitant par le nouveau délégataire fixé à 1,7€/km "nous roulons à 2,20/2,30€, on tire la sous-traitance par le bas."

Cap sur Evolity

Le choix des élus de Montbéliard s’est fait clairement sur le prix. Alors que Keolis et Transdev demandaient à la collectivité une contribution forfaitaire de 104 millions d’euros par an sur les cinq ans du contrat, Marfina/Moventia se contente de 99 millions et prévoit des recettes tarifaires plus importantes que ses concurrents (17 millions contre 16 pour Keolis et 15 pour Transdev). Le tout en réalisant plus de de kilomètres commerciaux et en abaissant le prix du ticket.

Pour Moventia/Marfina qui fait partie du consortium Smoovengo qui a remporté récemment le marché du Vélib' parisien, c’est le premier gain d’un réseau de transport urbain en France. Ce groupe familial de 2.000 salariés exploite des lignes de bus en Catalogne et fait partie du consortium TRAM qui opère les deux lignes de tramway de Barcelone.

L’opérateur qui prendra en mains les destinées du réseau de Montbéliard au 1er juillet 2017 devra notamment mettre en œuvre Evolity, le projet de lignes de bus à haut de service (BHNS) et la restructuration du réseau qu’il entraînera. Les deux premières lignes de ce réseau structurant seront opérationnelles fin 2017. Reliant les principales communes de l’agglomération elles seront orientées Nord-Sud sur une quinzaine de kilomètres et se partageront un tronc commun de 8 kilomètres dans la partie centrale entre Montbéliard et Audincourt. Deux autres lignes transversales sont projetées le tout pour un budget global de 100 millions d’euros.

Robert Viennet