La RATP a choisi de faire du salon Viva Technology, un des points d'orgue pour dénicher des start-up innovantes. Lors de la deuxième édition qui se tient du 15 au 17 juin 2017 à Paris, la RATP, qui s'appuie aussi sur des industriels et les milieux académiques, va sélectionner les jeunes pousses qu'elle juge les plus prometteuses... L'idée étant aussi d'éviter qu’elles filent à la concurrence.

"Il s'agit pour nous d'aller plus vite dans l'innovation en allant chercher des partenaires extérieurs", explique Marie-Claude Dupuis, directrice stratégie, innovation et développement du groupe RATP. Il s'agit, selon elle, de répondre à cinq défis : répondre à la croissance de mobilité en milieu urbain ; satisfaire le voyageur qui attend du sur-mesure ; préparer la transition énergétique ; bâtir des service porte-à-porte et accomplir la révolution digitale.

Sur 180 candidats cette année, une bonne trentaine de start-up ont été retenues pour la phase finale dans cinq catégories différentes : logiciels et robots, usage de la vidéo pour la sécurité voyageur ; analyse des flux de passagers ; créer un nouveau service client bus ; gestion des risques, etc.

Il n'en restera plus que cinq start-up à l'issue du processus du sélection. Primées par le jury du Lab RATP, celles-ci pourront concrétiser leur trouvaille dans le giron du groupe qui leur permettra de mettre au point des démonstrateurs.

Aujourd'hui, la RATP est passée à la phase pratique avec les cinq lauréats de l’édition 2016 de Viva Tech. Par exemple, la start-up DC Brain modélise et analyse les cas de surchages électriques sur la ligne A du RER. "Cela nous a permis de mieux organiser le séquencement de certains types de trains", indique l'entreprise. A la clé, moins de perturbations dans la régularité du service.

Autre lauréat 2016, Echy dont le savoir-faire consiste à utiliser de la fibre optique pour amener de la lumière du jour en sous-sol. Terrain de test : les quais de la station Gare de Lyon sur la ligne 14.

Orientée BtoC, l’application de Skyboy permet de découvrir l’histoire du funiculaire de Montmartre tandis que Wever favorise le covoiturage en zone peu dense et est testé sur le plateau de Saclay.
 
Le levier du fonds Capital innovation

Outre la voie des concours, la RATP a choisi de créer son propre fonds d’investissement baptisé "RATP Capital innovation". Doté d’une enveloppe de 15 millions d’euros, et lancé en 2017, il permet au groupe public d’entrer au capital d’entreprises prometteuses.

Les objectifs ? Décrocher la martingale à l'instar de ceux qui ont eu la bonne idée de faire partie du tour de table de BlaBlaCar, mais pas seulement. "La règle générale est le partenariat, mais nous prenons une participation, toujours minoritaire, dans une start-up quand elle est positionnée sur un domaine stratégique et que cette prise de participation nous permet d'être en relation avec un secteur nouveau et de mieux comprendre ce marché", expliquent Marie-Claude Dupuis et Valère Pelletier, directeur du développement et du digital au sein du groupe RATP.

En mai 2017, RATP Capital innovation a réalisé sa toute première prise de participation dans la filiale parisienne de Communauto, un acteur de l’autopartage en libre-service. Flairer les bons coups n'est pas toujours garanti, mais en professionnalisant la sélection de ses investissements, la RATP se donne les moyens de dénicher les prochaines pépites.

Marc Fressoz