Avec son plan transport assorti d'un budget de 300 millions, le conseil départemental des Bouches-du-Rhône veut multiplier les alternatives crédibles à la voiture. Pour cela, cette collectivité a décidé de cofinancer des projets urbains visant à faciliter la mobilité.
 
Cette décision découle des États généraux de Provence, lancés en juin 2015, au cours desquels "les Provençaux ont exprimé leur volonté de se déplacer librement et normalement", précise Martine Vassal, présidente du conseil départemental dans une vidéo publiée sur le site de la collectivité.
 
"Nous devons relever le défi de la mobilité, poursuit-elle. "On peut le comprendre : vous perdez six mois de votre vie dans les embouteillages et six mois d’espérance de vie à cause de la pollution. Aussi, j’ai décidé de prendre le taureau par les cornes et de lutter contre l’immobilisme et l’impuissance en regroupant l’ensemble des collectivités et des bonnes volontés."
 
Un BHNS à Aubagne
 
Ce souhait va se traduire par un sérieux coup de pouce donné aux projets qui favoriseront l’usage des transports collectifs et des modes doux. A Aubagne, le Département a décidé de soutenir financièrement la création d’une ligne de bus à haut niveau de service. Ce projet dont le coût est estimé entre 24 et 26 millions sera subventionné à hauteur de 7,2 millions par le conseil départemental.
 
Ce BHNS, doté de 16 stations, reliera le centre-ville, la gare et le secteur des Pallud et de Gémenos. Une zone d’activité particulièrement engorgée, regroupant 10.000 salariés. Le début des travaux de cette ligne est prévu en 2020 pour une mise en service programmée fin 2021.
 
Ce nouveau mode de déplacement – dont le nom pourrait être Chronobus – sera en connexion avec le Val’Tram, le tramway de la voie de la Valdonne. "3700 voyageurs sont attendus par jour sur ce BHNS, dont 40% seront en correspondance avec le Val’Tram", précise la collectivité. 
 
Financement de P+R
 
Le Département a également décidé de cofinancer plusieurs projets de parcs-relais et de pôles d’échanges. Le parking-relais d’Aubagne, actuellement saturé, verra sa capacité de stationnement augmentée d’une centaine de places.
 
A La Ciotat, Rognac, Velaux et à Vitrolles-Aéroport de Marseille ce sont des pôles d’échanges multimodaux qui verront le jour.
 
Martine Vassal souhaite également que le conseil départemental cofinance les travaux consistant à doubler la capacité de la gare Saint-Charles de Marseille. "Un chantier prioritaire pour augmenter le nombre de trains."
 
40 M€ pour les modes doux

Enfin, il est prévu de consacrer 40 millions d'euros au développement des modes doux et à la création de pistes cyclables et voies vertes. Actuellement, ce département dispose d’un réseau de 40 kilomètres qu’il veut porter à 500 kilomètrres d’ici à 2020.
 
"La mobilité métropolitaine est indispensable à la vitalité économique du territoire. Il faut aller vite pour que l’économie suive", a déclaré Martine Vassal au magazine Made in Marseille lors d’un déplacement à Aubagne.
 
A cette occasion, la présidente a lancé un nouvel appel à l’aide au gouvernement : "il faut un engagement sérieux de l’État qui nous a imposé cette Métropole et qui doit maintenant, nous aider financièrement".
 
Christine Cabiron