Les résultats de l'expérimentation d'un car roulant à 100% au bio-GNV, menée du 6 au 8 juin 2017 sur la ligne expresse régionale reliant Nice à Marseille, sont prometteurs. Cette ligne de 450 kilomètres, opérée par les Cars Phocéens, est empruntée chaque année par 102.600 voyageurs.
 
Le bio-GNV est du gaz comprimé à 200 bars dans le réservoir d'un véhicule. "Sur une journée type, le véhicule a fait deux fois le plein. Après un aller-retour jusqu'à Marseille, via Aix-en-Provence, le nanomètre indiquait 99 bars. Le car a donc consommé la moitié du réservoir pour parcourir 450 kilomètres", précise la Fédération nationale des transporteurs de voyageurs (FNTV) de Provence Alpes Côte d'Azur.
 
La FNTV est à l'origine de cette expérimentation, menée en partenariat avec les Cars Phocéens, GRDF, GRTgaz et Scania qui a mis à disposition ce car.
 
"Aucun point négatif"
 
Selon le transporteur, ce véhicule ne présence "aucun point négatif". Les Cars Phocéens estiment même que "la technologie est mature. L'autonomie est équivalente à celle d'un véhicule diesel, tout comme la performance du moteur".
 
Les conducteurs, interrogés à l'issue de cette expérimentation par le biais d'un questionnaire, ont pour leur part constaté un confort de conduite et noté le faible niveau de bruit du véhicule lors du roulage. Un élément également apprécié par les voyageurs questionnés à l'issue de leur déplacement.
 
Alternative crédible au diesel
 
Pour la FNTV, cette expérimentation propose "une alternative crédible au diesel" et positionne l'autocar comme l'un des outils de la transition énergétique. Au point que d'autres expérimentations sont d'ores et déjà programmées en Provence pour valider les capacités des véhicules GNV sur une typologie de lignes différentes : services express, lignes cadencées, dessertes de proximité...
 
En Europe, 1,32 million de véhicules roulent au GNV, dont près de la moitié en Italie, suivie de près par l'Allemagne. "En France, il est surtout utilisé par les flottes dites "captives", précise la FTNV. "La moitié des villes de plus de 200.000 habitants ont fait le choix du GNV pour les bus et bennes à ordures ménagères".
 
Production locale pour le bio-GNV
 
Le bio-GNV est du méthane obtenu par la fermentation des déchets ménagers agricoles ou par décomposition des boues des stations d'épuration. Il est produit localement avant d'être injecté dans le réseau de gaz.
 
Il peut être utilisé sans modification des véhicules GNV et des infrastructures de distribution associées. Il présente des performances supérieures au GNV avec une réduction de 80% des émissions de CO² par rapport aux carburants traditionnels, contre 20% pour le GNV.
 
"Il contribue à atteindre l'objectif de 10% d'énergie renouvelable dans les transports à l'horizon de 2020", rappelle la FNTV.
 
Christine Cabiron