La LGV Bretagne-Pays de la Loire (BPL) n'aura pas eu l'honneur d'être inaugurée par le président de la République comme ce fut le cas pour Sud Europe Atlantique (SEA) en février 2017. Les deux LGV seront pourtant mises en service commercial le même jour, le 2 juillet 2017.
 
Le 20 juin, le PDG de SNCF Réseau, Patrick Jeantet, et celui d'Eiffage, Benoît de Ruffray, ont néanmoins célébré la mise disposition de la LGV BPL après
la phase d'essais démarré en novembre 2016 : 214 kilomètres de ligne nouvelle dont 182 à grande vitesse entre Le Mans et Rennes réalisée dans les délais, en cinq ans seulement. Un partenariat public-privé de 25 ans qui a fait couler moins d'encre, que celui de la LGV SEA.

Un chantier à 3,4 milliards
 
Eiffage Rail Express a assuré la maîtrise d'ouvrage du plus grand chantier que le groupe ait jamais réalisé, mobilisant jusqu'à 5.000 personnes au plus fort des travaux. La filiale d'Eiffage, Opere, va assurer la maintenance et le renouvellement de la ligne jusqu'en 2036.
 
De son côté, SNCF Réseau a construit, sous circulation ferroviaire, les huit jonctions ainsi que les deux postes de commande. Le gestionnaire d'infrastructure a piloté le contrat et apporté, avec les partenaires, les financements publics en phase de construction. Réseau va, en outre, exploiter commercialement la ligne et gérer les circulations.
 
Un budget global de près de 3,4 milliards d'euros supporté par trois acteurs : 1,2 milliard pour Eiffage dont 200 millions financés sur fonds propres, 800 millions pour SNCF Réseau et 800 millions apportés par les cofinanceurs publics (notamment la région Bretagne).
En outre, SNCF Réseau a investi 600 millions d'euros pour les aménagements complémentaires (travaux en gare, signalisation, voie, etc.).

Une offre renforcée
 
La LVG BPL mettra Rennes à 1H25 de Paris contre 2h04 précédemment, soit un gain de 39 minutes qui va irriguer l'ensemble de la région Bretagne (Brest, Quimper, Saint-Malo...). En mai 2015, la Région a signé
un protocole d'intentions pour organiser la complémentarité avec ses TER.
 
En avril 2016, la SNCF  communiquait
le détail des dessertes : au total, le nombre d'allers-retours Paris Montparnasse-Rennes sera de 29,5 par jour, dont 12,5 directs pour Rennes (un de plus), 6,5 avec un arrêt (au Mans) et 10,5 avec deux arrêts. Il y aura par ailleurs deux allers-retours supplémentaires pour la pointe bretonne, vers Brest pour le nord, et Quimper pour le sud.
  
Pour les Rennais, le premier TGV permettra d'arriver à Paris vers 07H45 et le dernier de partir de la capitale vers 21H30. Pour les Parisiens, le premier train permettra d'arriver à Rennes avant 08H30 et le dernier de quitter Rennes vers 21H30.
 
La SNCF vise au moins1,5 million de voyageurs supplémentaires sur ces trajets vers la Bretagne, en plus des 20 millions actuels.
 
F.G.