Cinq mois après avoir présenté le design extérieur du tramway qui se veut "sobre et discret", Caen-la-Mer a présenté les couleurs intérieures. Les sièges seront gris et beige et les barres de maintien corail.
 
Le sol, gris foncé, sera en contraste avec le plafond composé de différentes rayures beiges et blanches apportant un effet 3D et lumineux. "Les couleurs retenues ne se démodent pas et ne sont pas l'expression du moment", indique un communiqué de la collectivité.
 
Ces dominantes n'ont pas été choisies au hasard puisque les propositions d'Alstom ont tenu compte de contraintes telles que le contraste entre les couleurs pour les malvoyants.
 
Après les pneus, le fer
 
La mise en service de ce tramway va donner un nouveau souffle aux transports publics de cette agglomération de 265.000 habitants. Il devrait faire oublier aux Caennais les frasques et les dysfonctionnements du TVR, un tram sur pneus imaginé par Bombardier qui cessera de rouler le 1er janvier 2018.
 
"Si nous avions maintenu le TVR au-delà, il aurait fallu investir entre 40 et 50 millions d'euros à fonds perdus. C'était intenable. C'est pourquoi nous avons décidé à mi-parcours du contrat de remplacer ce mode (qui était très innovant à l'époque) par un tram sur fer, plus fiable, plus capacitaire", a confié, à Transport public, Rodolphe Thomas, vice-président de Caen-la-Mer en charge des transports et des infrastructures.
 
Desserte de la presqu'île de Caen
 
La future ligne de tramway, dont les travaux de déviation des réseaux souterrains ont débuté en juin 2017, s'étendra sur 16 kilomètres et comprendra 26 stations. Elle sera opérée par 24 rames et devrait être empruntée par 64.000 voyageurs contre 42.000 aujourd'hui.
 
Une extension de 1.000 mètres sera construite pour desservir le futur centre de maintenance et la zone d'activités des Hauts-de-l'Orne. Par ailleurs, il est prévu de créer une branche de 1,7 kilomètre pour desservir la presqu'île de Caen, un secteur en cours d'urbanisation.
 
245 M€ d'investissement
 
Cette branche nécessitant la construction d'un pont sur l'Orne, engendrera une hausse du montant de l'investissement. Le coût total de ce projet est estimé à 245 millions contre 230 initialement prévus.
 
"L'ancienne équipe avait prévu d'investir 300 millions d'euros pour construire une deuxième ligne", ne manque pas de rappeler Rodolphe Thomas. En 2014, quand nous avons été élus, nous savions que l'agglomération n'était pas en mesure de financer un telle infrastructure. Si nous l'avions fait, nous n'aurions pas pu mener les autres investissements que les habitants attendent."
 
Pour autant, Caen-la-Mer n'abandonne pas l'idée de construire sur une deuxième ligne de transport en commun en site propre. "En 2020, nous prendrons une décision soit en faveur d'un tramway ou d'un bus à haut niveau de service".
 
Intégration des VLS à la DSP
 
D'ici là, le contrat de délégation de service public portant sur la gestion du réseau Twisto aura été renouvelé, l'actuel arrivant à échéance fin décembre 2017. Aujourd'hui, la collectivité est en cours de négociation avec trois opérateurs : Keolis (le délégataire sortant), Transdev et RATP Dev.
 
Le futur délégataire devra non seulement "réussir le remplacement du TVR par un tram sur fer", mais il devra aussi gérer le système de vélos en libre-service. "Nous avons demandé aux candidats de déployer près de 300 vélos (classiques et à assistance électrique) et d'étendre ce service aux communes de la première couronne".
 
Actuellement, les VLS sont gérés par Clear Channel, mais cet opérateur ne donne pas satisfactions aux élus : "Ce service est trop rigide et n'est concentré que sur Caen. Résultat : la part de déplacements réalisés avec ce mode est minime".
 
Or, les élus souhaitent profiter des travaux du tram (ils devraient durer un an et demi), pour redynamiser ce mode et en faire une alternative afin de faciliter les déplacements. Parallèlement, un important dispositif de substitution avec une quarantaine de bus articulés sera déployé pour maintenir les dessertes.
 
Christine Cabiron