Cette expérimentation dont le coût est évalué à 525.000 euros, durera un an. Elle consistera à faire rouler en service commercial un bus Aptis de 12 mètres, sur la ligne 23 du réseau versaillais, entre Versailles Europe et Vélizy 2. Une ligne qui, souligne-t-on chez Keolis qui opére le réseau, emprunte des rues à forte déclivité, ce qui consiste un banc d’essai intéressant pour tester son autonomie.

Ce véhicule est le second qui sera expérimenté en France. Le premier roule depuis la mi-juin sur la ligne 21 de la RATP. Ce second test est un peu différent puisqu’il s’agit d’un véhicule doté de trois portes (au lieu de deux à Paris) et de la climatisation. Résultat, l’autonomie du véhicule s’en ressent. Les responsables d’Alstom et de sa filiale NTL, évoquent 150 kilomètres entre deux recharges au dépôt alors que l’Aptis parisien affiche (en théorie) 200 kilomètres d’autonomie.

Un bus Lego

"Nous avons conçu Aptis sur une base de tramway et ensuite nous configurons chaque véhicule avec des briques différentes en fonction des besoins des opérateurs et des autorités organisatrices. C’est un peu comme un Lego", explique un responsable d’Alstom.

Pour le constructeur il s’agit aussi de tester différentes technologies de batteries comme de système de recharge. "Nous testerons aussi dans une autre ville l’Aptis avec notre système de recharge par induction SRS. Mais le véhicule peut accueillir tout type de système de captation du courant comme le pantographe ou le pantographe inversé."

La conception ferroviaire du véhicule, qui explique sa silhouette singulière (vaste baies vitrés, essieux repoussés aux extrémités du véhicule, roues directionnelles à l’avant comme à l’arrière, plancher intégralement plat), lui confère une durée de vie d’une vingtaine d’années. Selon Alstom, avec cette durée de vie et malgré un remplacement des batteries à mi-vie et un éventuel lifting extérieur, le coût d’exploitation devrait être supérieur d’à peine 15% à celui d’un bus diesel.

Ile-de-France mobilités, le nouveau nom commercial du Stif

Si l’expérimentation s’avère probante, elle pourra se poursuivre dès janvier 2019, avec sept véhicules supplémentaires pour couvrir la totalité des besoins de la ligne 23 du réseau versaillais.

Ce nouveau véhicule est aussi le premier en Île-de-France à arborer la nouvelle marque commerciale des transports franciliens "Île-de-France mobilités" plus parlante pour les habitants de la région que l’acronyme Stif.

Bus : électriques, au biogaz et à l'hydrogène

Pour Valérie Pécresse, présidente de la région et du Stif, cette nouvelle expérimentation "va nous permettre d’aller plus loin dans la dépollution des bus de la région. Nous allons travailler sur toutes les technologies : les bus électriques, les bus au biogaz et même les bus à l’hydrogène." Ainsi deux bus à hydrogène, financés à hauteur de 1 million d'euros par le Stif, seront testés par l'opérateur Savac à Versailles Grand Parc.

Pour faciliter l’acquisition de ces autobus par les opérateurs de la moyenne et grande couronne, le Stif va voter, fin juin, la constitution d’une centrale d’achat (la CTAP) qui lancera dès la rentrée des appels d’offres pour l’achat de tous type de bus à faibles émissions. Pour la petite couronne, les appels d’offres se feront de manière indirecte, via le contrat du Stif avec la RATP.

Robert Viennet