Au terme de huit mois d'une observation prévue par l'arrêté municipal du 18 octobre 2016 piétonnisant l'ancienne voie Georges-Pompidou, la préfecture de police a remis à la Ville de Paris le rapport technique de son comité de suivi, qui valide la décision municipale. "Déjà plébiscitées par les Franciliens et désormais entérinées par la préfecture de police, longue vie aux berges piétonnes !", a réagi sur Twitter Bruno Julliard, premier adjoint de Anne Hidalgo.

Pour lutter contre la pollution de l'air, les voies sur berges rive droite au centre de la capitale sont depuis le 21 octobre interdites aux voitures sur 3,3 km du quai bas le long de la Seine, de l'entrée du tunnel des Tuileries (1er arrondissement) à la sortie du tunnel Henri-IV (4e). 

Une réponse à "l'urgence climatique"

Cette "autoroute urbaine" dénoncée par la maire était fermée de fait depuis le début de l'été 2016 avec l'opération Paris Plages. Pour Anne Hidalgo, il y avait "urgence climatique". Mais il s'agissait aussi de redonner aux piétons et vélos l'usage de berges de Seine qui longent l'Ile Saint-Louis et de la Cité, classées à l'Unesco.

Cette piétonnisation avait suscité une levée de boucliers des élus de droite à Paris, des élus pour la plupart de droite en banlieue, dont la présidente Les Républicains de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, avait pris la tête. 

Depuis, bruit, trafic et niveaux de pollution étaient scrutés par le comité de suivi de la préfecture, qui s'est réuni cinq fois, mais aussi par la Région et la métropole du Grand Paris avec leurs propres instances, avec force polémiques sur les chiffres.

Vigilance sur le bruit

Ce mercredi 28 juin, le rapport de la préfecture a effectivement constaté des conditions de circulation "dégradées" sur les axes de report mais ne s'écartant pas "des prévisions de l'étude d'impact". "Il n'a par ailleurs pas été constaté de dégradation des conditions d'intervention des services de secours et de police", avance le document, ce qui était l'une des conditions majeures posées par la préfecture de police dès le départ.

Au niveau régional, le comité de suivi estime qu'aucune "tendance franche ne se dégage à l'issue des huit mois d'observation, mise à part l'augmentation avérée du trafic sur l'A86 Sud", un report "limité et absorbable par la capacité de l'infrastructure".

Des effets constrastés sur la pollution


Sur la pollution, les effets de cette mesure emblématique du mandat d'Anne Hidalgo semblent contrastées, avec des améliorations sur les quais hauts, des dégradations ailleurs "notamment au niveau du quai Henri-IV".

A long terme, le comité de suivi se veut cependant optimiste en raison de "la diminution de la circulation automobile", de la "politique de reconquête de la qualité de l'air, avec les possibilités ouvertes par la création des vignettes Crit'Air et des Zones de Circulation Restreinte", et enfin de "l'évolution des caractéristiques du parc roulant".

Le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, recommande cependant "des initiatives rapides" pour répondre "dans les plus brefs délais" à la question du bruit, qui doit faire l'objet d'une "particulière vigilance", au même titre que les difficultés de fluidité des transports en commun, dit un communiqué. La préfecture conseille ainsi à la mairie de Paris d'investir dans des revêtements dits silencieux.

La préfecture de police de Paris suggère enfin que le "travail partenarial" du comité technique puisse se poursuivre entre ses services et la mairie de Paris, "pendant une durée n'excédant pas deux ans". 

Hadrien Baer avec AFP