"Je suis extrêmement fière d’inaugurer le T11 qui est le premier vrai tram de banlieue à banlieue. C’est le grand Paris avant le Grand Paris", s’est félicitée Valérie Pécresse, avant de couper le ruban inaugural de la ligne reliant la gare d’Épinay-sur-Seine à celle du Bourget. Un tronçon de 11 kilomètres qui va "révolutionner" le quotidien des habitants du Val-d’Oise comme de la Seine-Saint-Denis. Pour rallier les deux villes, il fallait auparavant passer par Paris en empruntant les lignes H et B. Ce trajet s’effectuera en quinze minutes dès ce week-end, contre quarante-cinq auparavant.

Les travaux ont débuté voici six ans, "mais cela fait trente ans que les habitants l’attendaient", a expliqué la présidente de la région Île-de-France. Pour Arnaud Bazin, président du conseil général du Val-d’Oise, cette ligne va être "un accélérateur d’inclusion des habitants du Val-d’Oise qui vont pouvoir accéder plus facilement aux territoires d’emplois comme la zone aéroportuaire de Roissy".

Cette ligne compte sept gares dont trois nouvelles. Elle permettra des correspondances avec les RER B, C et D, la ligne H du Transilien et le tramway T8. Elle croisera également la route de 15 lignes de bus. Ainsi, 60.000 voyageurs quotidiens sont attendus dont "20% qui se déplaçaient jusque-là en voiture ce qui est une induction énorme", a précisé Alain Krakovitch, directeur de Transilien.

Elle sera opérée par Transkéo, filiale de SNCF Transilien et Keolis, avec des rames de tram-train Dualis d’Alstom qui peuvent rouler jusqu’à 100 km/h. Ces rames ont une capacité de 250 places dont 92 assises et sont climatisées.

Une deuxième phase, entre Épinay-sur-Seine et Sartrouville et entre Le Bourget et Noisy-le-Sec, est actuellement à l’étude.

En référence au récent rapport de la Cour des Comptes qui annonce un trou de 8 milliards d’euros dans le budget national, Valérie Pécresse a déclaré : "Permettez-moi de pousser un cri pour que les investissements transport, notamment en Île-de-France soient exempts des coupes budgétaires qui s’annoncent. C’est une impérieuse nécessité de régénérer le réseau d’Île-de-France et de poursuivre son développement".

Robert Viennet