C’est une nouvelle étape que les transports publics de Bourges vont franchir le 4 septembre 2017. Le réseau AggloBus s’articulera autour de trois lignes pilotes, dotées d’une fréquence de six minutes tout au long de la journée, auxquelles s’ajouteront cinq lignes principales et sept lignes de proximité.
 
Cette nouvelle offre se veut plus adaptée aux évolutions du territoire. "Le réseau n’a pas systématiquement suivi les développements urbains", observe Pascal Blanc, maire de Bourges et président du syndicat mixte AggloBus. Cette autorité organisatrice organise les transports publics sur 19 communes, dont 16 sont membres de la communauté d’agglomération Bourges Plus.
                                                           
Une restructuration concertée
 
Cette restructuration a été menée dans le cadre d’une large concertation publique. Pendant deux mois (lors de l’automne 2016), la collectivité a organisé des ateliers dans chacune des communes et des quartiers de Bourges.
 
"Nous avons présenté l’avant-projet de restructuration établi par les services techniques, rappelle l’élu. Nous souhaitions en effet le faire amender par la population et recueillir des propositions."
 
L’objectif est d’assurer le plus largement possible la desserte des pôles générateurs de déplacements. "Lors de cette concertation, nous nous sommes aperçu que le Palais des sports et la patinoire étaient mal desservis en transport public. Nous avons remédié à ce manquement en créant un service."
 
En revanche, les demandes telle que l’augmentation de l’offre en soirée ou le dimanche n’ont pas été prises en compte pour des questions de coût. "Néanmoins, les propositions issues de la concertation ont été intégrées à 80%", affirme Pascal Blanc.
 
13% de kilomètres supplémentaires
 
Concrètement, cette modernisation des transports publics s’est accompagnée d’une hausse de 13% de la production kilométrique. Dans son nouveau contrat en vigueur depuis le 1er juillet 2017, RATP Dev dispose d’une enveloppe de 2,9 millions de kilomètres.
 
"Certes, c’est une forte hausse, mais jusqu’à présent la production kilométrique était insuffisante pour répondre aux besoins de déplacement, poursuit le président d’AggloBus. Je pense que la restructuration qui sera mise en place à la rentrée répondra à la réalité du terrain."
 
Deux pôles d’échanges
 
Au cours des cinq prochaines années, RATP Dev devra mettre en place un nouveau système de déplacement articulé dans un premier temps autour de deux pôles d’échanges multimodaux. Le premier, situé à la gare SNCF, sera aménagé pour faciliter les correspondances entre les bus et les TER.
 
Le second sera construit au sud du centre de Bourges. Son objectif est de désengorger le premier et de mieux répartir les flux de déplacements entre le nord et le sud de l’agglomération. Car ces deux centralités concentrent des pôles générateurs de déplacements importants.
 
Au nord sont implantés le centre hospitalier, des établissements d’enseignement supérieur et des zones d’activités. Les lycées et collèges ainsi que des quartiers d’habitat collectif sont, pour leur part, situés dans le sud de Bourges.
 
Un bus à haut niveau de service "léger"
 
C’est notamment pour relier ces deux territoires qu’AggloBus envisage de créer une ligne de bus à haut niveau de service. Celle-ci s’étendrait sur 7 ou 8 kilomètres et emprunterait l’itinéraire de la ligne principale du réseau.
 
"Nous voulons créer un système léger, c'est-à-dire sans opération de requalification urbaine. Des couloirs de bus seront créés sur les voiries où la configuration le permet, tandis que les bus auront la priorité aux bus dans le centre historique de Bourges."
 
Ce projet, qui, pour l’instant, en est au stade des études de pré-opportunité, représente un coût d’investissement estimé à 40 millions d’euros : 25 millions pour l’acquisition d’un matériel roulant spécifique et 15 millions pour l’infrastructure.
 
"Nous souhaitons des bus dédiés à ce BHNS pour des questions de visibilité et d’identification du service." Actuellement la motorisation de ces véhicules n’est pas arrêtée, mais les élus berruyers projettent une mise en service de ce BHNS en 2022.
 
Cap sur le bio-méthane
 
En attendant, transition énergétique oblige, RATP Dev s’est engagé à acquérir deux minibus et huit bus standard au gaz naturel. Actuellement, la flotte d’AggloBus est composée de 65 bus, dont la moitié fonctionne avec cette motorisation.
 
"Nous souhaitons basculer la flotte au GNV avec l’idée d’opter pour le bio-GNV d’ici à 2021 lorsque nous aurons mis en service une nouvelle station d’épuration où sera produit du bio-méthane."
 
Accroître l’attractivité des transports publics
 
Ces projets ont pour objectif d’accroître l’attractivité des transports publics et la part modale de ce mode de déplacement, actuellement de 7%. "Bourges est une ville qui n’est pas embouteillée. Par conséquent, le premier réflexe pour se déplacer est d’utiliser la voiture." D’où le souhait de la communauté d’agglomération d’inverser cette tendance. "Un BHNS nous permettra de garantir de hautes fréquences et une régularité."
 
Autre action pour limiter la circulation : deux "navettes non payantes" qui relient les parkings au centre-ville. Une troisième sera créée en septembre prochain pour desservir un parking proche des commerces peu fréquenté.
 
Tarification solidaire en 2018
 
Par ailleurs, afin de favoriser un plus grand usage des transports publics, il est également prévu d’instaurer, en septembre 2018, une tarification solidaire, basée sur le quotient familial. AggloBus a saisi cette opportunité pour remettre à plat la grille tarifaire qui "s’était nourrie de nouveaux titres au fil du temps et était devenue illisible".
 
Le déploiement de la nouvelle grille tarifaire sera facilité par la mise en service d’un nouveau système de billettique. Celui-ci permettra notamment de proposer la vente de titres de transport en ligne et d’avoir une connaissance plus fine de la fréquentation.
 
Actuellement, le réseau AggloBus réalise 9,6 millions de voyages. "Ce chiffre est approximatif, car il est estimé à partir des abonnements, mais nous pensons qu’il est surestimé."
 
Christine Cabiron