"Nous devons débattre des ressources comme d'autres pays l'on fait", explique Elisabeth Borne dans une interview au journal . Ainsi, la ministre des Transports considère que les camions doivent contribuer au financement de nos infrastructures.
 
Celle-ci avance plusieurs pistes : plusieurs Régions "sont volontaires pour lancer des expérimentations" ou pour créer "une taxe spécifique dédiée aux besoins en équipements", à l'instar de celle instaurée pour le Grand Paris. La ministre des Transports évoque aussi "la mise en place de péages sur certaines sections de routes nationales, sans pénaliser les déplacements de proximité, à l'image de ce qui a déjà été fait dans Les Landes".
 
Une écotaxe mal venue

Cependant, Elisabeth Borne exclut tout retour de l'écotaxe : "Ce ne serait pas une bonne idée de la relancer en l'état". De son côté, Valérie Pécresse avait lancé l'idée de créer une écotaxe régionale pour les poids lourds en transit dans la Région. "C'est un sujet complexe qui nécessitera une bonne dose de dialogue avec l'État", avait reconnu la présidente de la région Île-de-France, en avril 2016. Selon elle, cette écotaxe rapporterait entre 100 et 200 millions d'euros par an. Pendant la campagne des Régionales, "il y avait unanimité des candidats sur cette écotaxe", rappelait-elle.

Mesure phare du Grenelle de l'Environnement en 2007, cette taxe sur les poids lourds devait financer la construction et l'entretien des infrastructures de transport. Jamais appliquée, elle avait été suspendue en octobre 2013 après la fronde menée par les "bonnets rouges" bretons, puis définitivement enterrée par Ségolène Royal.
Un "échec" coûteux, évalué à près d'un milliard d'euros par la Cour des comptes. Pour trouver les recettes manquantes, le précédent gouvernement avait augmenté la taxe sur les carburants (TICPE).
 
A la recherche d'un équilibre financier
 
En attendant la loi de programmation qui fixera les priorités de l'exécutif en matière d'infrastructures, Elisabeth Borne confirme les
propos du chef de l'État le 1er juillet 2017 à Rennes : "Nous ne lancerons pas de travaux et nous ne signerons pas de contrats de concession tant que nous n'aurons pas eu un très large débat sur les investissements prioritaires, et en travaillant aussi bien sur les dépenses que sur les recettes".
 
F.G. (avec AFP)