C'est le plus grand programme d'infrastructure de transports urbains en France après celui du Grand Paris Express. La ligne de métro automatique baptisée "Toulouse Aerospace Express", ce sera 27 kilomètres (dont 60% en souterrain) et 20 stations, cinq interconnexions avec le réseau TER – Colomiers, La Vache, Matabiau, Montaudran, Labège, et avec les deux lignes de métro existantes notamment.
 
Surtout, Toulouse Aerospace Express (TAE) desservira 71.000 emplois au nord-ouest de la grande agglomération qui concentre le pôle aéronautique, 83.000 emplois au centre de Toulouse et  63.000 emplois au sud-est (Toulouse Aerospace et Labège). Quasiment 50% des emplois de l'agglomération seront ainsi desservis par la future ligne de métro automatique. L'autorité organisatrice Tisséo-Collectivités attend ainsi 200.000 voyageurs par jour à sa mise en service prévue en 2024, les travaux devant démarrer en 2019.

La desserte de l'aéroport "oubliée"
 
Ainsi, le tracé retenu par son comité syndical, le 5 juillet 2017, desservira la grande agglomération toulousaine d’Ouest en Est, mais ne passera pas par l'aéroport. Une navette à haute fréquence utilisera les infrastructures de l'actuel tramway T2 pour relier l'aéroport et offrir une correspondance avec la troisième  ligne de métro et le tramway T1 à la nouvelle station Jean-Maga.
 
Une décision que regrette l'exploitant de l'aéroport, ATB (8 millions de passagers en 2016 et qui vise les 12 millions d'ici à 2030). Les membres du conseil de surveillance, avaient réaffirmé, le 27 juin, la pertinence d’une liaison rapide et sans rupture de charge entre la gare Matabiau et l’aéroport. "À l’heure où l’aéroport investit fortement pour devenir une porte d’entrée internationale aux plus hauts standards de qualité, l’absence de liaison directe avec la gare SNCF et les pôles économiques de Toulouse nous semble préjudiciable à l’attractivité du territoire", déclare Anne-Marie Idrac, présidente du Conseil de surveillance d’ATB dans un communiqué. L’aéroport considère également que les problématiques d’accès terrestres du bassin d’emploi nécessitaient un désenclavement direct par le métro.

Un arbitrage financier et économique
 
Dans leur courrier adressé à Anne-Marie Idrac, le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc et le président de Toulouse Métropole Jean-Michel Lattes font notamment valoir que cette option aurait représenté un coût supplémentaire de 250 millions d'euros (sur un coût total estimé à 2,33 milliards) alors que la solution retenue revient, selon eux, à 45 millions. De plus, ceux-ci expliquent que l'autre tracé n'aurait pas desservi le site d'Airbus Saint-Martin, "qui constitue l'une des plus fortes concentrations d'emplois industriels en France et l'une des priorité annoncées de la ligne TAE".
 
Enfin, Tisséo-Collectivités mise sur l'arrivée de la ligne à grande vitesse Bordeaux-Toulouse pour parachever ses projets d'aménagement en centre-ville qui s'étalent jusqu'en 2020. "L’ambition est de dessiner un cœur métropolitain aéré et apaisé compatible avec la candidature de la ville rose au Patrimoine mondial de l'Unesco et idéalement dimensionné pour accueillir 18 millions de voyageurs chaque année dès l’ouverture de la ligne à grande vitesse". Compte tenu des
déclarations récentes du chef de l'État sur la réalisation de nouvelles LGV, rien n'est moins sûr...
 
F.G.

En savoir plus :

de présentation de la ligne de métro automatique