"Trois scénarios sont développés à l'horizon 2030, avec des trafics potentiels de 15, 20 et 25 millions de passagers", selon , qui s’appuie sur l'exemple allemand pour élaborer ses perspectives. En 2016, 6,2 millions de personnes ont utilisé les "cars Macron", avait  calculé l'Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières  (Arafer). 

France Stratégie estime ainsi que, selon ces trois scénarios, "le nombre d'autocars nécessaires pour assurer le trafic à l'horizon 2030 serait compris entre 760 et 1.270, (...), le nombre de conducteurs nécessaires se situerait entre 2.670 et 4.440"."Le nombre total d'emplois du secteur (...) serait de 3.100 à 5.170", contre 2.100 à la fin du premier trimestre 2017, précise cette note.

Une concurrence pour le train

Dans le pire des scénarios, La SNCF pourrait voir partir vers l'autocar jusqu'à 8 millions de passagers, "soit près de 4% du trafic ferroviaire longue distance (TGV et Intercités) en 2015", détaille France Stratégie. "Face à la concurrence de l’autocar, le groupe SNCF pourrait être amené à améliorer sa productivité", explique l’organisme dans sa conclusion… 

Reprenant les chiffres 2016 de l’Arafer, France Stratégie souligne, en effet, que l’autocar prend le plus de clients au train : 37% des passagers interrogés déclarent qu’ils auraient pris le train s’il n’y avait pas eu de liaison par autocar, 25% auraient eu recours au covoiturage, 19% à la voiture particulière, et "seulement", 17% n’auraient pas voyagé.

Le maillon faible des gares routières

France Stratégie a identifié deux obstacles à l’expansion de ce marché. L’organisme rattaché au Premier ministre considère que les autocars Macron ne pourront se développer que "si les opérateurs deviennent rentables en proposant un prix adapté". Parallèlement, France Stratégie craint qu’on assiste à une situation de monopole si le nombre d’opérateurs diminue encore faute de rentabilité

L’autre obstacle concerne la qualité des points d'arrêt et des gares routières qui demeure "le maillon faible". En effet, "les autocars longue distance ont connu un essor si rapide qu'il n'a pas été possible d'anticiper l'aménagement, voire la création de gares  routières ou de points d'arrêt pour accueillir les passagers dans de bonnes conditions. Ce chantier devient une priorité". 

France Stratégie estime que "les villes doivent considérer ce sujet comme un facteur d'attractivité et concevoir de véritables pôles d'échanges multimodaux à haut niveau de services". L’organisme suggère, dans sa note que la création de gares routières fasse partie d'un appel à projets des transports collectifs en site propre (TCSP).

Qui doit payer selon France Stratégie ? "Comme en matière ferroviaire, il paraîtrait logique que les opérateurs de lignes d’autocars financent la construction, l’entretien et le fonctionnement des infrastructures au moyen d’un péage." 

F.G. (avec AFP)