Vingt mois après son élection, Valérie Pécresse faisait un premier bilan de ses promesses électorales sur les transports en Île-de-France. La conférence de presse s'est déroulée sur le mode : on l'avait promis, personne ne croyait qu'on le ferait et on est en train de le faire. La présidente de Région et présidente d'Île-de-France Mobilités (ex-Stif) a ainsi illustré ses propos par trois chiffres : 158 trains neufs ou rénovés déjà en circulation depuis 2016, 239 lignes de bus renforcées ou créées entre 2016 et 2017 et 250 bus propres (électriques ou au gaz) en circulation d'ici à fin 2017. "Nous n'avons pas seulement donné un coup d'accélérateur, nous avons mis le turbo", s'est félicitée Valérie Pécresse.
 
Le vice-président Transports de la Région, Stéphane Beaudet, a appuyé ses propos en énumérant toutes les mesures qui avaient été lancées depuis la mise en place de la nouvelle majorité en janvier 2016 :
remplacement ou rénovation des 708 trains (530 commandés à ce jour) ; grand Paris des bus ; rénovation des gares ; création de places de parc-relais ; plan vélo ; plan routier ; moyens mis sur l'accessibilité des PMR, la sécurité et l'information des voyageurs... Ce sont notamment 24 milliards d'euros qui seront investis d'ici à... 2025 uniquement sur le matériel roulant.

Des questions sur les moyens
 
Interrogée sur le financement de ces investissements, Valérie Précresse a expliqué qu'il suffisait qu'Île-de-France Mobilités  augmente ses recettes de 3% par an. Pour y parvenir, sa présidente mise sur tous les leviers possibles : le versement transport via un surcroît d'activité et donc d'emplois ; la contribution des collectivités, la TICPE (taxe intérieure sur la consommation des produits énergétiques). Egalement en jeu, les recettes commerciales via la hausse du nombre d'usagers attendue avec l'augmentation de l'offre et le passe Navigo à tarif unique,
la lutte contre la fraude et la hausse du tarif du passe Navigo. Là encore, Valérie Pécresse a tenu à souligner que la chasse aux fraudeurs avait porté ses fruits. Elle a annoncé que cela avait d'ores et déjà permis de récupérer 30 millions d'euros en un an.
 
Enfin, Valérie Pécresse a tenu à féliciter l'exécutif de vouloir concentrer les moyens financiers sur les trains du quotidien. Cependant, elle guette maintenant les annonces concrètes du gouvernement et dit avoir "énormément d'attentes" sur les assises de la mobilité qui s'ouvriront le 19 septembre 2017. En clair, Valérie Pécresse souhaite obtenir des garanties de l'État sur le maintien des investissements de SNCF Réseau (800 millions d'euros par an) sur la régénération du réseau en Île-de-France.
De plus, celle-ci s'inquiète des retards pris dans les versements prévus dans le contrat plan État-Région 2015-2020. Il manque, selon elle, 50 millions d'euros pour 2017. Dans un contexte de nouvelle baisse des dotations de l'État, elle craint que les retards s'accumulent au fil des ans...
 
 Florence Guernalec