"Aujourd’hui, ce sont les transporteurs low cost qui définissent combien coûte un trajet entre le Léman et les bords de la Seine, explique le dg de TGV Lyria, Andras Bergmann, dans un interview au quotidien le 26 septembre 2017. Soit on ignore cette réalité et on coule, soit on l’accepte en s’efforçant de trouver un nouvel équilibre financier. J’ai décidé de m’aligner, via une stratégie commerciale innovante."
 
En effet, le dg de TGV Lyria a revu sa politique tarifaire et commerciale : les prix des billets sont orientés à la baisse, mais l'entreprise ferroviaire joue également sur la différenciation en créant une classe business. Par exemple, le trajet Genève-Paris sera proposé à partir de 29 euros en classe standard, à partir de 49 euros en première classe afin d'en démocratiser l’accès (soit une baisse de 5 euros en moyenne), et un peu plus de 171 euros en business 1ère, créée pour "les clients les plus exigeants".

Un service trois étoiles
 
Andreas Bergmann explique que la flexibilité est totale en business 1ère : manquer votre correspondance et changer d’horaire ou de train sera possible sans frais et avec la garantie d’avoir toujours une place libre. En outre, les voyageurs en business 1ère disposeront d'une voiture dédiée, avec un serveur pour quinze passagers. "Ce qui correspond à un service trois étoiles au Guide Michelin, avec un choix de plusieurs menus chauds, servis sur une nappe et dans de vraies assiettes, que les passagers peuvent commander quand ils le souhaitent", détaille Andreas Bergmann.

S'agissant des deux autres classes, TGV Lyria annonce l'introduction de la vente ambulante de produits des terroirs traversés, à des prix revus à la baisse. Or jusqu'ici, un repas froid était compris dans le billet de première classe. Désormais, ceux-ci se contenteront d'un petit biscuit de bienvenue, mais auront toujours accès au salon Grand Voyageur à Paris Gare de Lyon.

Une analyse de la chaîne de valeur
 
Surtout, le dg de l'entreprise ferroviaire, détenue à 74% par la SNCF et 26% par les Chemins de fer fédéraux suisses (CFF), annonce un changement de flotte à l'horizon 2020 même si ce projet évalué à 429 millions d'euros, n'a pas encore reçu l'aval du conseil d'administration. Andreas Bergmann travaille à son élaboration avec l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) "dont l’expertise doit nous permettre d’anticiper les tendances et les comportements des clients, ainsi que la volumétrie adéquate des rames".

"... ce que nous analysons en ce moment avec l’EPFL, c’est toute la chaîne de valeur : du premier clientèle, au réacheminement, en passant par le voyage et le post-acheminement, jusqu’au service après-vente qui est jugé encore trop complexe. Nous avons déjà prévu d’améliorer ce dernier point, en lançant en novembre prochain une nouvelle application, plus simple à utiliser".
 
Après deux années difficiles liés aux attentats en France, TGV Lyria a renoué avec une croissance à deux chiffres du CA en 2017 et l'entreprise ferroviaire revendique un taux d'occupation de plus de 80% et 5 millions de passagers transportés en 2016. La compagnie a fermé les lignes "ne présentant pas de rentabilité suffisante" et se concentre désormais sur ses trois liaisons phares : Paris-Genève, Paris-Lausanne et Paris-Bâle-Zürich.
 
F.G.