Les deux groupes "veulent nous rassurer en parlant de complémentarité géographique" mais "les craintes pour l'emploi demeurent" car Alstom est "en choc frontal avec Siemens sur toutes ses activités" (grande vitesse, trains régionaux, tramways et métros, signalisation), expliquent à l'AFP avec des mots quasi-identiques les représentants CFE-CGC, CFDT et FO.

Ne leur parlez pas d'alliance "entre égaux". "A partir du moment où le capital est majoritairement détenu par Siemens, qui aura la majorité au conseil d'administration, il n'y a pas d'entente entre égaux", estime Claude Mandart, représentant de la CFE-CGC (premier syndicat). Cette expression utilisée par les deux groupes dans leur communiqué commun et par le gouvernement n'est pour le syndicaliste "que de la communication de façon à faire avaler l'opération aux salariés et au grand public".

Alors que le processus d'information-consultation des personnels au niveau européen doit démarrer le 5 octobre à Katowice (Pologne), "notre point de vigilance sera d'arriver à la mise en oeuvre d'un groupe équilibré entre la France et l'Allemagne. Pour le moment, c'est pas gagné", poursuit-il. "Un de nos chevaux de bataille va être d'identifier comment ont été calculés les 470 millions d'euros annuels d'économies" que la fusion devra générer, quatre ans au plus tard après sa finalisation, prévue fin 2018, précise M. Mandart.

Lors des arbitrages futurs sur "qui va faire quoi et où?", "il y aura des orientations plus allemandes que françaises", redoute également Thierry Muller, de la CFDT (troisième syndicat). Comme FO, il "regrette" que l'État ait décidé de ne pas exercer son option d'achat des actions prêtées par Bouygues.

"On y voit un peu plus clair: la première certitude c'est que Siemens aura la main sur Alstom. La deuxième, c'est
un abandon d'Alstom par l'État", déplore Philippe Pillot, porte-parole de FO (quatrième syndicat). Malgré les assurances du gouvernement sur un maintien des sites et de l'emploi pendant quatre ans, ce dernier se dit particulièrement soucieux "pour les locomotives produites à Belfort" et l'activité signalisation, dont le siège sera en Allemagne.

AFP