On croyait le service de covoiturage nocturne fichu après sa sa condamnation en mars 2017 pour exercice illégal de l'activité de taxi notamment. Malgré cela, Heetch a trouvé les moyens de se relancer. La start-up a annoncé, le 27 septembre 2017, avoir levé 10 millions d'euros auprès  des fonds d’investissement Félix Capital (UK), Via ID (FR) et Alven (FR).

Londres en ligne de mire
 
Cette somme servira au renforcement des équipes (une vingtaine de développeurs, product manager, etc.), au soutien du développement de Heetch sur le marché français et au développement international avec l’objectif d’ouvrir rapidement de nouvelles villes, dont Londres. Le but ? Atteindre 300.000 trajets par semaine d’ici à fin 2019 (contre 70.000 aujourd'hui), dont 50% en France.
 
Heetch compte y parvenir principalement grâce à son offre professionnelle de VTC (Le Pro) et à son positionnement singulier par rapport à ses concurrents. "... nous continuons d’appliquer les recettes qui ont fait notre succès : sur Heetch, on monte à l’avant, tout le monde se tutoie, etc. Une expérience qui correspond aux attentes des passagers et qui fait que nos passagers et conducteurs se souviennent de chacun de leurs différents trajets", déclare Teddy Pellerin, co-fondateur de Heetch dans un communiqué. En résumé, Heetch ambitionne de devenir le Lyft européen (concurrent américain d'Uber).

Un travail de lobbying

Le service propose aussi une solution de covoiturage nocturne courte distance et temps réel entre particuliers baptisée "La Base". Pour se conformer à la loi, les passagers ne peuvent être mis en relation qu'avec des conducteurs allant dans leur direction dans une limite de deux destinations par soir.
 
Un dispositif contraignant qui ne permet pas, selon Heetch, de répondre à la demande, en particulier dans les zones peu denses. C'est pourquoi la start-up compte profiter des assises nationales de la mobilité pour convaincre les parties prenantes de "construire un cadre permettant l'essor du transport occasionnel entre particuliers là où les transports en commun et l'offre professionnelle sont insuffisantes".

F.G.