"Nous avons considéré que ce n'était pas à l'État de continuer à subventionner le vélo électrique, dans la mesure où quand il l'avait fait, les collectivités locales ne le faisaient pas", a justifié M. Darmanin, interrogé sur RTL, à propos de cette prime à l'achat d'un vélo à assistance électrique (VAE).

"Maintenant, beaucoup de collectivités locales le font", a expliqué le ministre, précisant qu'un "travail" avait été engagé par le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot "avec les collectivités locales sur ce sujet".
 
Des collectivités en pointe dans le VAE
 
En effet, plusieurs collectivités locales (Paris, Caen, la Métropole européenne de Lille, Nantes métropole...) ont introduit des primes ou des subventions pour soutenir les VAE. Des aides qui ont favorisé l'essor de ce moyen de transport, devenu la "locomotive verte du marché du cycle", selon l'organisation professionnelle l'Union Sport et Cycle. Au 15 septembre 2017, 150.000 primes auraient été ainsi sollicitées.

La prime pour l'achat d'un vélo électrique neuf, réservée aux appareils n'utilisant pas de batteries au plomb, a été introduite le 19 février 2017, à l'initiative de l'ancienne ministre de l'Environnement et de l'Énergie, Ségolène Royal. Son montant peut atteindre jusqu'à 200 euros, soit 20% du prix d'achat moyen d'un VAE, qui s'élève à 1.018 euros, selon l'Union Sport et Cycle. Dès l'origine, cette aide était programmée pour s'arrêter au 31 janvier 2018.
 
Des associations pour une pérennisation de la prime
 
Dans un communiqué commun daté du 21 septembre 2017, des associations (1) qui font la promotion du vélo et des associations écologistes notamment, ont demandé la pérennisation de ce dispositif "compte tenu de la dynamique de transfert modal qu'entraîne l'usage du VAE".
 
En effet,
, cité par ces associations, montre que la moitié des bénéficiaires d’une aide à l’achat d’un VAE opte pour l’usage du vélo dans leurs déplacements de proximité. Les motifs d'utilisation sont principalement les trajets domicile-travail (75%) et liés aux courses (88%). Car la portée du mode vélo est augmentée de 120% avec un vélo à assistance électrique. En effet, les distances des trajets domicile-travail effectuées en VAE sont comprises entre 7 et 9 kilomètres.
 
L'intermodalité est également mise en avant : 14% des usagers d’un VAE abonnés à une consigne en gare se sont séparés d’une voiture suite à leur abonnement et 6% ont renoncé à l’achat d’une voiture, selon l'Ademe. Enfin, ces associations soulignent que parallèlement le bonus pour l'achat d'un deux-roues électrique perdure.
 
"Le maintien de la prime pour l’achat d’un vélo à assistance électrique est un puissant levier au service de la mobilité du quotidien, décarbonée, active donc bonne pour la santé, créatrice d’emplois dans les territoires, explique ces associations dans leur communiqué commun. Elle s’inscrit parfaitement dans les objectifs du gouvernement pour une transition vers une mobilité propre qui flèche 12,5 % de part modale vélo en 2030".
 
F.G (avec AFP)

 

(1) Les signataires du communiqué sont : le Club des villes et territoires cyclables ; la Plateforme du vélo et des mobilités actives ; le Conseil National des Professions de l'Automobile (CNPA), la filière 2-roues FNCRM du CNPA ; la Fondation pour la Nature et l'Homme ; France Nature Environnement ; la FUB (Fédération française des Usagers de la Bicyclette) ; les Moniteurs cyclistes français ; le Réseau Action Climat, l’Union sport et cycle.